« 4 heures moins le quart avant Jésus-Christ. »

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Méditation de l'Évangile du deuxième dimanche du Temps Ordinaire Année B 17 janvier 2021

Il était environ 4 heures de l’après-midi, nous étions au bord d’un lac lorsque j’ai demandé la main de mon épouse ; il était aussi, environ 4 heures de l’après-midi, lorsque Matthieu notre 5ème enfant est né ; il était enfin environ 4 heures de l’après-midi lorsque Francine et Jean-Claude sont venus chez nous pour évoquer la première fois la mission du diaconat. N’y voyez là aucunement une recherche de « concordisme primaire » de ma vie avec les écritures pour vous prouver que je suis certainement un envoyé de Dieu. Bien sûr que non ! Pur hasard diront certains, providence diront peut être les autres, peu importe. Il y a dans la vie des événements qui marquent c’est certain. Et ces événements sont très souvent reliés à un détail précis imprimé dans notre mémoire, dans notre chair. La réalité de ma vie me permet d’attester que cette précision étonnante de l’auteur de l’évangile d’aujourd’hui est certainement la trace de la profonde vérité de son témoignage ; le témoignage d’un événement particulier dans sa vie, le témoignage d’une rencontre qui marque à jamais une personne. L’évangile de Jean termine ainsi : « C’est ce disciple qui témoigne, (…) et nous savons que son témoignage est conforme à la vérité. »

« Nous avons trouvé le messie ! » Que s’est-il donc passé entre 4 heures de l’après-midi et le lendemain où André va chercher son frère Simon ? Nous n’en savons rien. Que s’est-il dit ? Nous n’en savons pas davantage ; En revanche « Que cherchez-vous ? » c’est la première question posée par Jésus. C’est là le point d’origine du premier enseignement de Jésus. Qui es-tu ? Comment t’appelles-tu ? (Nous ne connaissons pas le nom du second disciple, est-il le disciple bien aimé ? Mais sa présence est fondamentale pour qu’André annonce à son frère un « NOUS avons trouvé … »). Qui est Dieu ? Quels sont les signes de sa présence dans le monde ? la foi prime-t-elle sur la raison ? L’homme a-t-il une âme ? Comment élever ses enfants en chrétien ? Quelle est ma vocation d’enfant de Dieu ? Comment aimer son époux, son épouse ? Comment être grand- parents ? Bref Il semblerait que toutes ces questions soient vraiment secondaires si nous ne cherchions pas à répondre à cette toute première question posée par le Christ : « Que cherchez-vous ? » Une question qui deviendra à la fin de l’évangile de Jean : « femme pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »

« Que cherchons-nous ? » en venant ici aujourd’hui à la messe, c’est la question que nous pose le Christ. La réponse est donnée dans le secret de vos cœurs, elle ne m’appartient pas. Mais de là se pose une seconde question qui appartient à tous : après que soit proclamé « allez dans la paix du Christ » Qui d’entre nous vivra pleinement sa vocation de disciple missionnaire comme l’a vécu André en allant chercher son frère ? et annoncera « En l’église de Sainte Geneviève et avec Sainte Geneviève (dont nous célébrons aujourd’hui la fête de la dédicace de notre église) nous avons trouvé le Messie ! venez le rencontrer avec nous ! »

L’appel et la réponse demande l’ouverture à une attitude indispensable et nécessaire :la disponibilité. Dans le texte d’aujourd’hui la disponibilité du Christ nous invite à adopter ce mouvement : « Venez et vous verrez ». Je me souviens il y a de cela quelques années notre fils ainé avait à peine 10 ans et Matthieu quelques jours ; c’était un soir, il devait être 20h environ, après une journée difficile de travail, après le rite du couché qui n’en finit jamais (la petite histoire à chacun, le câlin du dernier instant) tout est éteint ; vous entrevoyez votre premier instant de repos de la journée et voilà que dans le noir, sortant d’une chambre vous entendez cette question : « Papa c’est quoi l’appel de Dieu ? » J’ai pris conscience ce soir-là ce que voulait dire « disponibilité ». Un enfant pose et se pose beaucoup de questions. Il est de notre devoir de parents de les aider à se poser toutes les questions. Et il est de notre devoir de parents d’entendre toutes ses questions ! Je n’ai pas dit forcément de donner sur le champ une réponse, un parent a le droit de ne pas être omniscient, mais de donner à l’enfant la certitude que sa question a bien été entendue. Une question qui n’a pas été entendue sera pour l’enfant définitivement fermée : C’est là toute la sagesse exprimée dans le texte de la première lecture tiré du 1 livre de Samuel : « grandissons ensemble et tu verras, car le Seigneur ne laissera aucune de ses paroles sans effet. » (1S3)

« Papa c’est quoi l’appel de Dieu ? » C’est la communauté de sainte Geneviève qui nous a aidés à apporter une réponse à cette question d’un soir en organisant une très belle journée de retraite avec les clercs et les pastourelles au Broussey. Et nous lui en sommes très reconnaissants. Oui le Christ ne se cherche pas seul, car il se trouve ensemble ; c’est ensemble et en communion fraternelle que nous pouvons annoncer : « Nous avons trouvé le Christ » c’est ensemble et en communion fraternelle que nous pourrons attester : le Christ pose son regard sur chacun de nous.

Jean-Marie Perrier Diacre

Bordeaux fête de Sainte Geneviève 17 01 2021

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