À la fin, il y a une rencontre et un rassemblement

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Homélie du dimanche 26 novembre 2023. Fête du Christ - Roi

Il y a donc bien une fin à cette histoire ! Il y a donc bien une fin à l’histoire de ce monde ! Il y a donc bien une fin à notre histoire personnelle ! Et s’il y a une fin, c’est qu’il y a bien un but. Et cette fin, et ce but, c’est une rencontre, la rencontre de Dieu avec ses créatures, la rencontre de Dieu avec sa création. Mais il n’a pas créé une fois pour toutes à un instant T de l’existence, il crée aujourd’hui, sa puissance d’amour crée aujourd’hui pour que nous soyons dans cette histoire, pour que nous soyons dans cette rencontre.

Jésus, qui dans cette parabole se présente comme Roi, nous révèle ce qui reste caché à beaucoup : nous participons à cette histoire. Nous sommes dedans, créatures bien-aimées du Père, et nous sommes acteurs de la rencontre, ou absents de la rencontre.

Quand t’avons-nous rencontré, quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?

Oui, à la fin de l’histoire, nous aurons la révélation parfaite, la réponse totale et accomplie de la vie divine. Et en voyant Dieu nous deviendrons parfaitement ce que nous sommes : sauvés et rassemblés. Comme les brebis autrefois dispersées, Ezéchiel écrit pendant l’exil à Babylone, les brebis seront rassemblées. C’était l’espérance du prophète, c’est notre Espérance.

Cette Espérance, nous pouvons l’anticiper ; nous pouvons, comme le dit l’apôtre Pierre dans sa 2° lettre 3,12, nous pouvons hâter le retour du Seigneur. Nous le faisons chaque fois que nous acceptons de le rencontrer quand le pauvre nous sollicite pour une œuvre de miséricorde : nourrir, vêtir, abreuver, accueillir, visiter, aider, autant de gestes que nous pouvons poser et sont des lieux où Dieu lui-même vient à notre rencontre. C’est en embrassant un lépreux que Saint François vit une étape importante de la révélation de sa vocation, c’est dans la rencontre du pauvre, même quand il nous dérange dans notre prière, que Dieu vient à notre rencontre comme nous l’a dit Saint Vincent de Paul. Nous ne faisons alors que quitter Dieu pour Dieu. Et si nous le rencontrons ainsi aujourd’hui, nous serons capables de le reconnaître quand nous nous présenterons devant lui et quand il viendra définitivement rassembler l’humanité.

Oui, à la fin, il y a une rencontre et un rassemblement.

Le projet de Dieu est de rassembler l’humanité, les créatures, la création atteinte par le péché mais appelée elle-même au salut. Tout en Lui, Tout en Jésus, doit être réconcilié. Dans la lettre aux Colossiens l’apôtre Paul dit :  

En lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé par lui et pour lui.  Il est avant toute chose, et tout subsiste en lui. Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Église : c’est lui le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’il ait en tout la primauté. Car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel.

C’est à cela que je pense, c’est cela que je veux vivre quand j’élève le corps et le sang du Seigneur à la fin de la prière eucharistique avant que vous répondiez Amen !

Teilhard de Chardin, ce grand chercheur de Dieu au cœur de la science, parle du rapprochement de toute chose en Jésus, le point Omega de convergence comme nous le disons lors de la bénédiction du cierge pascal dans la nuit de Pâque : il est l’alpha et l’Omega, le commencement et la fin. C’est à cela que je pense aussi quand j’élève le corps et le sang du Seigneur avant de dire Notre Père, dans l’Espérance qu’un jour tout homme reconnaître Dieu comme son Père.

Cette histoire, qui a un commencement et une fin, connaîtra une apocalypse bienheureuse où voyant Dieu tel qu’il est, nous nous connaîtrons et nous serons sauvés tels que nous sommes car dans ce rassemblement final s’il y a un jugement ultime il est porté par la Miséricorde de Dieu pour tous les hommes de bonne volonté ; quand il y aura une apocalypse, ce sera une révélation, un voile enfin levé.

Ce rassemblement nous l’anticipons aussi dans la célébration de l’Eucharistie où nous présentons nos vies, où nous nous présentons tels que nous sommes, où nous présentons la vie du monde dans l’attente de la réalisation du Salut.

Travaillons en faisant les œuvres de miséricordes pour que le monde puisse reconnaître le roi, reconnaissons le roi de l’amour dans l’Eucharistie pour que nous puissions faire en son nom les œuvres de miséricordes.

Père Gérard Faure, curé

Pour télécharger l'homélie, cliquer ici

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