Pendant ce Carême, soyons plus que jamais avec Jésus !

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Homélie de la messe des Cendres 2022

Le Carême n’est pas une compétition que l’on perdrait à tout coup, ou presque tant les résolutions que nous prenons sont souvent illusoires et fragiles !

Faire carême c’est peut-être tout simplement s’appliquer à faire ce que l’on a à faire, être ce que l’on est appelé à devenir, pour reprendre des mots de Saint Augustin, et d’autres comme je les cite dans le texte de La DOMINICALE.

Deviens ce que tu es, c’est-à-dire chrétien.

Et de fait nous entrons dans une dimension catéchuménale, ce qui tombe bien puisque nous avons parmi nous une catéchumène qui entendra son appel décisif dimanche prochain par l’évêque qui réunit ce jour-là, le premier dimanche du carême, celles et ceux qui se préparent, parfois depuis longtemps, à être baptisés dans la nuit pascale ou dans le temps de Pâques. Appliquons-nous à ne pas être de vieux chrétiens rassis par l’habitude.

Michèle Clavier, une théologienne aujourd’hui bordelaise, écrit dans une méditation que j’ai lue hier dans le journal La Croix, qu’il nous faut d’abord et toujours à frais nouveaux entendre l’appel du Seigneur. C’est simple, l’Église nous le donne dans la lecture du livre de Joël que nous avons entendue il y a un instant

Maintenant, oracle du Seigneur, revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil !

Un appel : Revenez.

Il ne s’agit pas d’un retour en arrière. J’en reviens aux catéchumènes. Ils se préparent au baptême, et c’est ce point-là qu’il faut regarder, c’est la mort-résurrection de Jésus qu’il faut regarder. Comme le coureur sportif qui se prépare dans la sueur et parfois les larmes pour atteindre son but, à la différence que le Seigneur court avec nous et que se retourner vers Lui c’est déjà bénéficier de sa présence et de son regard d’amour sur ce que nous sommes et ce que nous voulons être.

De fait, la phrase citée qui parle de larmes et de deuil ne sera jamais prise pour faire un slogan publicitaire. Seul Winston Churchill pouvait dire le 13 mai 1940.  "Je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur..." Seul ? Il me semble pourtant entendre des choses proches de la part de Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine. Mais il regardait, il regarde un but ! Et nous aussi en marchant avec Jésus. Un appel : revenez.

Un itinéraire : ... à moi. Oui, je confirme, c’est bien à lui qu’il faut revenir, Lui qui est le chemin, la vérité et la vie. Pendant ce carême, cherchons Jésus, regardons Jésus, dans tout ce que nous ferons, regardons Jésus. Même et encore quand nous vivons des moments de détente, même si nous ne pleurons pas toujours des larmes de crocodile, regardons Jésus qui a pris sa vie au sérieux et qui a eu 30 ans d’une belle vie, fidèle à son Père avec des parents, de très bons parents, des amis, un peu moins bons parfois reconnaissons-le, du travail, du temps pour se promener aussi … mais toujours en prenant sa vie et le monde créé au sérieux. Pendant ce carême, soyons plus que jamais avec Jésus. Il est le chemin.

Un appel, revenez. Un itinéraire … à moi.

Une feuille de route : aumône, prière, jeune. C’est dans cet ordre que St Matthieu le transmet.

L’aumône, c’est la préoccupation du frère. Ce n’est pas facile, on a peur de se faire avoir et d’ailleurs certains nous abreuvent sur internet de vidéo ou de récits où l’on voit des arnaques. Il y a un risque. Mais le risque le plus grand c’est de ne pas voir son frère. Pas d’argent ! mais un regard. Pas de billet ! mais un mot. Pour l’argent, pour le billet, il y a des associations connues, référencées, ajustées qui rendent honnêtement, aussi respectueusement que de façon efficace, ce service. Mais regardons simplement autour de nous et menons ici le combat que nous ne pouvons pas mener ailleurs. On est plantés ici, pas en Ukraine par exemple. Mais regardons nos frères d’ici et d’ailleurs. Je disais il y a un instant : regardons Jésus. Regardons nos frères et nous verrons Jésus, et lui nous verra, dans le secret.

La prière. Nous ne sommes pas en manque de propositions. C’est aussi une façon, vous le savez bien, d’être avec Jésus.

Le jeûne. Il nous tourne vers le désir, parce que nous faisons là l’expérience qu’il nous manque quelque chose. Il ne s’agit pas seulement de manger du poisson le vendredi, d’ailleurs aujourd’hui parfois plus luxueux que d’autres nourriture. Il s’agit de creuser en nous le silence. Refusons la frénésie de l’achat, celle du bruit, la frénésie de la course, de l’activité : toujours plus. Refusons le consumérisme de quelque sort qu’il soit, vivons sérieusement. Et ça nous laissera du temps pour la prière, de l’argent et d’autres biens pour l’aumône.

Un appel, revenez. Un itinéraire … à moi. Une feuille de route : aumône, prière, jeune.

De nombreuses propositions nous sont faites. La feuille violette que vous avez en main ou la newsletter que vous recevez vous les communique. Car ce carême, comme les autres, ne peut se vivre seul. En nous doivent retentir les appels de nos frères, les appels du monde, les appels du Seigneur. Des peuples vivent des combats difficiles. Nous-mêmes, ensemble nous vivons des combats difficiles. L’Église vit des combats difficiles. Vivons cela ensemble, regardons la lumière du feu de Pâques. Si les cendres que nous allons recevoir marquent un passé, ce que l’on a vécu depuis les Rameaux de l’année dernière, le feu de Pâques et le feu de l’Esprit de Pentecôte nous poussent devant. Il s’agit de nous convertir, de faire le deuil de ce qui est passé, comme les catéchumènes ont la grâce de le vivre quand ils découvrent le Christ. Il s’agit de nous convertir pour aller dans le bon sens en prenant nos propres vies au sérieux, nos propres joies et nos propres épreuves au sérieux ; en prenant la vie du monde au sérieux, sans peur car Dieu combat avec nous, sans illusion car il ne combat pas sans nous. On ne peut pas rester à regarder le matche depuis les tribunes en se contentant de faire les commentaires, surtout si c’est pour dire que c’était mieux avant.

Soyons dans l’Espérance, ce monde est appelé au salut ! Le seul prix à payer est la joie de s’appliquer à faire ce que l’on a à faire, à être ce que l’on est appelé à devenir.

Père Gérard Faure, Curé

Pour télécharger l'homélie, cliquez ici

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