"Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint et s’écria d’une voix forte..."

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+

MÉDITATION pour le quatrième dimanche de l'Avent 2021

Ce qu’elle dit – et qui a été retenu par l’évangéliste Luc, qui s’est soigneusement renseigné – est important et il faut s’y attarder dans notre méditation aujourd’hui. Mais, il est bon d’abord de noter que c’est sous l’impulsion de l’Esprit Saint qu’elle parle…
L’Esprit Saint est souvent invoqué, annoncé, reconnu, dans son rôle unique, lorsqu’il s’agit de la mission de Jésus et, plus tard, de celle des apôtres qui continueront, toujours provoqués, réconfortés, poussés par l’Esprit Saint dans leurs actes.
Saint Luc, évangéliste, qui donne le récit de tout ce qui concerne Jésus depuis sa nativité, annoncée et racontée, et ensuite la naissance de l’Église et sa mission en ses commencements, nous introduit surtout à leur compréhension profonde. Ce ne sont pas seulement des anecdotes que nous lisons aujourd’hui pour nous faire du bien, nous renseigner afin de mieux présenter aux autres un message intéressant et attirant. C’est le secret de notre foi en Dieu qui nous est révélé, et de notre joie de sa venue en notre monde.
Il nous faut nous efforcer, dans la réflexion et la contemplation, de chercher le sens profond, la vérité de la venue de Jésus, le Sauveur, la signification des gestes et actions de sa mission, durant toute sa mission en Galilée et Judée, jusqu’au don total, quand, au milieu du scandale de son exécution, il a remis sa vie entre les mains du Père.
Aujourd’hui, dans le récit de la rencontre de deux femmes, Marie qui vient visiter Élisabeth plus âgée, heureuse de l’accueillir, il y a beaucoup à penser, à réfléchir…
Oui, c’est l’action de l’Esprit Saint qui a fait parler cette femme, Élisabeth, parce qu’elle a fait confiance, alors que son mari, Zacharie, qui avait douté à l’annonce de la bonne nouvelle annoncée par l’Ange dans le temple. Il était devenu muet..
Cet Esprit – d’une manière incompréhensible pour nous – a aussi touché l’enfant qu’Élisabeth portait. D’ailleurs, le messager de Dieu l’avait annoncé à Zacharie : « il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère ». Mais que proclame Élisabeth d’un voie forte, alors qu’elle accueille Marie, et que l’enfant bouge en elle ? – « Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni ! »
Elle reconnaît que le Sauveur est là, bien présent, mais encore caché, porté par sa mère. Et elle s’émerveille : « D’où m’est il donné que la mère de mon Sauveur vienne jusqu’à moi ? » Et elle révèle le tressaillement de son propre enfant, en elle, le petit Jean..
Et elle clame: «Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ! » Éclairée par l’Esprit Saint, elle confirme que c’est bien lui, Dieu, qui par son messager, a parlé à Marie, et que celle-ci a cru : « heureuse celle qui a cru... »
Des moments de bonheur dans la rencontre de ces deux femmes : bonheur de croire à la réalisation du projet de Dieu en elle, pour tout le Peuple..
Oui, Dieu a fait grâce (c’est la signification du nom de Jean).
Oui, Dieu sauve (c’est le sens du nom de Jésus).
Ainsi, Dieu est là. Il se révèle dans l’échange confiant de ces deux femmes qui attendent, qui se préparent à donner la vie.
Et c’est Dieu qui se révèle dans le don et l’acceptation de la vie, vie humaine, voulue par Dieu, vie qui sera donnée pour le salut de tous.
Les exégètes nous font remarquer que dans l’intention de Saint Luc, cet écrivain si attentif et profond, il s’agit de la visite de Dieu à son Peuple.
Cette visite procure la joie… Et dans la suite du récit il met sur les lèvres de Marie ce chant de louange : « Mon âme exalte le Seigneur »...
Visite de Dieu, comme une autre fois, il y a longtemps, dans les collines de la Judée, le roi David avait fait venir l’Arche de l’Alliance, symbole fort de la présence de Dieu qui a sauvé son Peuple et qui a fait alliance avec lui. De même qu’accompagnant ce signe de la présence de Dieu jusqu’à Jérusalem, David dansait devant l’Arche, l’enfant Jean, non encore né, a bondi d’allégresse quand Marie qui portait le Sauveur a visité sa mère.
Marie, mère de Jésus, a porté le Sauveur, qui, par elle, est venu habiter parmi nous.
Nous avons raison d’honorer Marie, Mère de Jésus, comme Mère de Dieu, puisqu’elle porte en elle, pour nous, le Fils de Dieu, Sauveur, celui qui, de façon unique nous fait naître à notre véritable humanité, telle que Dieu l’a voulue. Nous sommes vraiment enfants de Dieu, et donc, frères et sœurs, avec tous. C’est la source de notre joie qui doit continuer à jaillir des profondeurs de notre cœur.
Cette grande réalité de la venue du Fils de Dieu parmi nous, s’est faite dans l’humilité, la simplicité, et dans des conditions rudes et dangereuses. De même, nous continuons nous aussi, à vivre dans un monde toujours incertain et difficile, où les tentations du rejet des autres, pourraient nous détourner de la vraie joie d’accueillir sa présence qui habite notre monde. Et nous retrouvons, dans l’Esprit qui nous est donné, la joie de croire en Celui qui vient.
Jésus, vivant, ressuscité, après avoir accompli sa mission, continue de nous sauver, de nous envoyer l’Esprit du Père qui nous révèle, surtout maintenant, que nous sommes aimés, et devenus capables, même dans les souffrances et les situations difficiles, à nous aussi à renaître, à sortir de nous-mêmes pour oser à aller à la rencontre des autres, avec le même empressement que Marie partant en toute hâte vers sa cousine Élisabeth.
Que Marie nous obtienne de recevoir l’Esprit promis :
Esprit de lumière, Esprit de force, avec le courage de l’Espérance.

Père Daniel Bertaud

Pour télécharger l'homélie, cliquez sur l'image ci-dessous

pine-cone-gf3ab8fff9_1920.jpg

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+