Enlevez la pierre qui bloque vos cœurs !

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Homélie du dimanche 26 mars 2023 Jean 11,1-45 "Lazare, viens dehors !"

Ce texte est trop riche pour être commenté en homélie. Quand on écoute un récit évangélique avec ses oreilles, on est parfois touché par ce que l’on croit parfois être des détails. On peut être touché par la foi de Marthe et Marie, une foi qui questionne, d’autres sont touchés par l’attitude des apôtres qui, une fois encore, ne comprenne pas bien l’attitude de Jésus. On peut être touché par les larmes de Jésus, par la foi des uns, le doute des autres, l’opposition des incrédules, on peut se reconnaitre dans tel ou tel personnage, telle ou telle attitude, y compris certains jours par l’incrédulité.

Remarquons encore que les récits évangéliques nous touchent, nous parlent différemment chaque fois que nous les lisons ou les entendons. Ne vous êtes-vous jamais demandé : « Tiens, je n’avais jamais remarqué ceci, ou cela. » Oui la Parole de Dieu est vivante, et nous aussi nous sommes vivants.

J’ai cité dans les éléments qui ont pu retenir notre attention et qui nous font croire, souvent à tort, que nous n’avons pas bien écouté ; j’ai cité des attitudes et des personnes, mais il y a aussi des choses.

Le nom d‘un village -Béthanie-, du parfum, des cheveux, des bandelettes, un suaire, un tombeau, une pierre, une odeur,

Ah, j’oubliai : Lazare ! On ne l’entend pas beaucoup mais il est quand même-là !

Ces éléments ne nous distraient pas ! Ils nous parlent.

Une religieuse disait un jour à sa cheftaine, on dit prieure ; elle, on l’appelait la madre, ou même la santa. Donc, Une religieuse disait un jour à Thérèse d’Avila :

- Ma Mère, je n’arrive pas à prier pendant l’heure d’oraison silencieuse alors que vous, vous avez des extases !

- C’est pas grave, dites le Notre Père

- Je n’y arrive pas ! Je dis Notre Père et j’en reste-là, absorbée par ce mot : Père !

- Eh bien, c’est votre prière, c’est votre extase, rendez grâces à Dieu et continuez !

Pareil pour l’homélie : ce n’est pas une étude de texte, ce n’est pas une exégèse, ce n’est pas un cours ; mais, tout en partant des textes et tout particulièrement des évangiles, c’est l’essai par un prêtre ou un diacre de communiquer une interrogation commune à une assemblée et un encouragement à trouver une source de vie pour chacun des membres de cette assemblée et pour la communauté elle-même. Ce n’est pas une raison pour dormir ou être distrait mais peut-être sortirez vous d’ici avec un mot, important pour vous et pour éclairer votre semaine.

Aujourd’hui, j’ai été touché par une pierre : « Enlevez la pierre ». Et après la Pierre une autre Parole : « Lazare, viens dehors ! » et « Déliez-le et laissez-le aller. »

Quelle Pierre avons-nous à enlever ? La question est posée à chacun de nous. Une ou plusieurs, et pas forcément des grosses pierres. Des petits cailloux peuvent obstruer une source, la source du baptême : mauvaises habitudes, petites paresses, ...  j’en passe et des meilleures. Le carême est d’ailleurs fait pour cela. Le chemin que nous faisons avec les catéchumènes nous aide à cette purification pour laisser couler la source du baptême ; pour repousser ce qui empêche un bon rendement à l’énergie que le Seigneur nous donne. Mais une des tentations pour ne rien faire est énoncée par Marthe. « Ça va sentir mauvais ». Nous trouvons des prétextes pour repousser au lendemain la conversion.

Et communautairement ? Nous sommes appelés cette année plus qu’avant à une conversion pastorale pour être une Église missionnaire. Quelle pierre le Seigneur nous appelle-t-il à enlever ? Mais nous cherchons des prétextes pour procrastiner en espérant que l’on pourra rester comme ça, plutôt couché au repos, fût-il éternel, que de se fatiguer à être debout. C’était tellement mieux avant ! Pourquoi changer ? Attendons d’y être obligé, le Seigneur nous donnera bien des solutions quand ça sera indispensable ! En écrivant cela je m’aperçois que nous utilisons les mêmes arguments quand nous parlons du changement climatique ou de l’urgence écologique. Nos aïeux ont bien utilisé ces produits dont on dit aujourd’hui qu’ils sont nocifs, moi je vous dis que c’était bien mieux avant !!! (ce qu’on ne vérifie d’ailleurs pas) Pourquoi changer ? Attendons d’y être obligé, le Seigneur, non on ne dit pas le Seigneur on dit : les ingénieurs nous donneront bien des solutions quand ça sera indispensable !

Enlevez-la pierre qui bloque vos cœurs, qui pétrifie vos vies ; enlevez la pierre qui garde les morts au lieu d’appeler à la vie. Enlevez la pierre qui empêche toute conversion, qui ne veut pas nous voir arriver à Pâques, qui n’aime pas la vie parce qu’elle veut garder les morts !

La pierre veut garder le mort : enlevez la pierre, déliez-le et laissez-le aller !

Notre archevêque a réuni hier 250 personnes à la maison diocésaine. Plusieurs d’entre-nous y étaient pour envisager et avancer vers la constitution canonique de la nouvelle paroisse autour des quatre églises. Sainte Eulalie, Saint Victor, Saint Nicolas, Sainte Geneviève. Le curé a besoin d’une équipe restreinte pour l’accompagner dans l’action pastorale habituelle. Un embryon de cette équipe était hier à la Maison Saint Louis Beaulieu mais il manque au moins deux personnes à cette équipe : une de St Nicolas et une de Sainte Eulalie. Je ne parviens pas à appeler. Attendrons-nous qu’il n’y ait plus de prêtre en capacité de nourrir la communauté et d’annoncer l’évangile à ceux qui cherchent une lumière pour éclairer ce monde, une source pour nourrir la vie.

Enlevons la pierre qui nous empêche de nous engager, de nous lever.

Seigneur, enlève toi-même les linceuls qui nous cachent, les bandelettes qui nous donnent envie de rester couchés. Fais de notre carême une marche pour la vie, donne-nous la joie de l’évangile ! Fais nous faire le chemin de Maurane et de Matthias qui se sont levés à ton appel et qui seront baptisés à Pâques !

Père Gérard Faure

Pour télécharger l'homélie, cliquer ici

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