Et Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : heureux… !

Au fond, ces béatitudes décrivent qui est Jésus lui-même. Par ces mots étonnants, déconcertants peut-être, il dit que lui-même est pauvre. Il s’est fait pauvre pour nous. Il a connu la faim et a appris à recevoir de Dieu la vraie nourriture, il se fera lui-me nourriture pour tous.

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Homélie – Sixième dimanche du temps ordinaire – 13 février 2022 - Dimanche de la Santé

Après une nuit de prière, Jésus a retrouvé ses disciples. Parmi eux, sur la montagne, il en choisit douze, qu’il appelle "apôtres", c’est-à-dire "envoyés".

Il redescend de la montagne, tel Moïse après avoir reçu la Loi pour conclure l’Alliance avec le peuple, qu’il rejoint en-bas.

Ce matin-là, Jésus descend pour rejoindre d’autres disciples qui l’attendent, et une multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon.

Il s’adresse d’abord à ses disciples, et, par eux, à tous.

"Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara : Heureux, vous les pauvres..."

Il lève les yeux, c’est-à-dire qu’il est en-bas. Il est descendu jusqu’à eux sur le terrain plat, à leur niveau. Il doit donc lever les yeux vers eux, et ne pas regarder le sol. Ce qu’il va dire n’est pas une déclaration qui tombe d’en-haut, en surplomb. Non, Jésus, humblement s’adresse à eux, ses disciples et leur dit "Heureux, vous les pauvres..."

C’est un constat qu’il fait en leur parlant. Ceux à qui il s’adresse sont des pauvres, ils ont faim, ils sont dans la peine pour bien des raisons, ils ne sont pas considérés et même, ils sont durement critiqués. Jésus commence à leur dire : "Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous".

Ce mot "heureux" est à prendre selon le sens du mot de la langue de Jésus, qui a été traduit en grec (texte de St Marc), puis en toutes les langues, en français pour nous. Entendons alors que Jésus, voyant leur situation qu’il reconnaît, les aide à assumer en vérité cette situation, en les encourageant à voir plus loin. Les exégètes, nous l’expliquent : il s’agit de reconnaître un état qui peut ouvrir à tous les possibles et en particulier à recevoir pleinement l’amour de Dieu. Dans la traduction de la Bible par Chouraqui, c’est le terme "en marche !" qui a été choisi pour mieux rendre l’expression "heureux, vous...", pour rendre compte de l’origine hébraïque de l’expression. Oui, en avant, en marche, courage, vous êtes chanceux, vous êtes dans une situation enviable,

– Car, dans votre pauvreté, vous avez la capacité de vous orienter vers l’essentiel, l’amour de Dieu, le "Royaume" est à vous,

– Car, dans vos faims inassouvies, vous restez réceptifs à la consolation que Dieu vous donnera,

– Car, dans vos épreuves, vos pleurs, le Seigneur vous donnera sa joie, vous rirez,

– Car, dans le mépris subi, vous serez comblés du côté de Dieu...

Oui, allez-y, et gardez la foi, avancez en dépassant, dans l’espérance, la tristesse de vos manques de moyens.

La question ici n’est pas de venir au secours des pauvres et des affamés pour les nourrir et partager, cela viendra plus tard, et avec exigence.

Ici, c’est la base de toute générosité, le choix spirituel profond : si les disciples veulent être avec Jésus et devenir ses envoyés, ses apôtres, et donc partager sa mission, ils ont à accepter, pour eux-mêmes, ce regard de Jésus sur eux. Il ls invite à être comme lui.

Au fond, ces béatitudes décrivent qui est Jésus lui-même. Par ces mots étonnants, déconcertants peut-être, il dit que lui-même est pauvre. Il s’est fait pauvre pour nous. Il a connu la faim et a appris à recevoir de Dieu la vraie nourriture, il se fera lui-me nourriture pour tous. Il a pleuré sur la ville de Jérusalem où son message a été rejeté. Il a subi critiques, oppositions, injures… Et nous savons que, désormais, Jésus, qui a traversé toute épreuve, dans la confiance au Père, a tout reçu de lui, pour le partager à ses disciples et à tous : Jésus ressuscité, communique, de la part de Père, l’Esprit d’amour. Il partage sa joie et déjà, il nous fait connaître ce qui est promis aux pauvres, aux affamés, aux éprouvés, aux rejetés : ils sont comblés, dès maintenant, de l’amour du Père, qui fait vivre, qui fait renaître. Nous vivons déjà de la résurrection.

Nous en faisons déjà l’expérience quand nous sommes unis à Jésus. Et même c’est lui qui, à travers nous, réconforte ceux que nous visitons, et qu’alors, nous sommes nous-mêmes réconfortés.

Alors, en ces jours, où selon l’invitation du pape François, nous prions pour les malades et les soignants, les familles et tous ceux et celles qui accompagnent les personnes éprouvées dans leur santé, nous prions pour tous, soyons actifs et attentifs aux paroles Jésus.

Le message du Pape de cette année pour la Journée des malades, nous invite tous à être « miséricordieux, comme le Père ». On peut ajouter : comme Jésus l’a révélé.

Et en France, il nous est proposé d’élargir notre prière, et toute notre attention, à ceux qui unissent leurs forces dans ce que nous appelons la "Pastorale de la Santé", auprès des malades, avec tous les personnes et organismes qui se dévouent pour le soin, l’accompagnement : les chrétiens s’organisent, ici et partout : aumôneries des hôpitaux et maisons de soins, visites avec le service évangélique des malades, et en communion avec nous : nous tous qui, là où nous vivons restons attentifs, aimants et actifs.

Puissions-nous, comme Jésus, redescendre vers nos frères et sœurs souffrants, rester attentifs à tous ceux qui se dépensent au service des autres, et apprendre à regarder comme Jésus. Comme Jésus nous levons les yeux… et nous allons à la rencontre...

Que le Seigneur nous rende attentifs, respectueux, envers tous, témoins de la vraie vie.

Père Daniel Bertaud

Pour télécharger l'homélie, cliquez ici

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