Marc, Saint Marc, vous savez ? Celui du lion

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Homélie du deuxième dimanche de l'Avent 10 décembre 2023

Ça commence fort ! En trois mots : tout un programme. Je parle de l’évangile de Marc. Marc, Saint Marc, vous savez ? Celui du lion. Oui, comme Matthieu est représenté par l’ange, Luc par le taureau, Jean par l’aigle, Marc est représenté par le lion. Ces représentations viennent d’une vision d’Ézéchiel où les animaux apparaissent chacun avec quatre faces et quatre ailes. Pourquoi l’ange pour Matthieu ? car son évangile commence, juste après la généalogie de Joseph par un ange qui parle en songe à Joseph. Le taureau pour Luc ? Parce qu’il commence au temple où l’on sacrifiait des taureaux. L’aigle pour Jean ? Parce qu’il prend de la hauteur. Marc, lui, a droit au lion. Pourquoi ? parce qu’une voix rugit dans le désert. Une voix crie dans le désert.

Marc commence fort. L’évangile de marc est direct, incisif, rapide : des phrases courtes, un rythme pressé : 7 fois l’adverbe aussitôt dans le premier chapitre. Dans l’évangile de Marc Jésus est pressé. C’est l’expérience de Marc qui écoute Pierre et peut-être d’autres sources, Marc qui faisait, c’est bien possible, partie du 2° cercle qui fréquentait Jésus. Il nous parle de son expérience : ça urge, l’annonce de la bonne nouvelle, ça urge, c’est urgent ? C’est urgent parce que ça change tout ! Alors, dès qu’on a fini quelque chose on passe aussitôt à autre chose

Au baptême. Aussitôt qu’il sort de l’eau, Jésus vit une colombe qui déchirait les cieux.

Et aussitôt l’Esprit pousse Jésus au désert. Puis après le désert Jésus passe près du lac et appelle deux disciples qui, aussitôt, quittent leurs filets de pêche, et aussitôt il en engage deux autres. Ils arrivent à Capharnaüm et aussitôt vont à la synagogue, comme vous, ce matin, vous êtes venus à l’église... Une guérison à la synagogue et aussitôt ils vont chez Pierre où, aussitôt, on lui parle de la belle-mère malade. Ça dépote car le Salut de l’humanité, c’est urgent.

Revenons au texte, au premier mot du texte :

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu.

Évangile : c’est un mot utilisé à l’époque pour désigner un événement important, c’est-à-dire un événement qui risque changer le cours des choses. Les grecs appelaient « évangile » la proclamation d’une victoire, l’intronisation d’un nouveau roi ; les Romains s’en servaient pour la proclamation d’un empereur, les hauts faits de son règne. Les juifs vont le prendre pour désigner une manifestation divine, pour proclamer le salut. On le trouve déjà comme adjectif, avant qu’il devienne un nom, dans l’Ancien Testament.

Et là, c’est le premier mot : commencement de l’Évangile. C’est clair, net et ça va être précisé. On sait de quoi il s’agit : un événement qui change l’histoire. J’en reste pour le moment à ces premiers mots : commencement de l’Évangile, de la Bonne Nouvelle. Il ne s’agit pas d’une histoire au sens d’un récit passé. S’il est un récit, l’évangile n’est pas de l’ordre du passé, il nous est adressé aujourd’hui. Nous ne sommes pas que la suite d’un commencement. Comment ça commence aujourd’hui pour nous, pour moi ? Comment ai-je commencé ma journée, mon dimanche ? Comment ai-je commencé ce premier jour de ma semaine ? avec des grognements, des étirements interminables avant de sortir du lit ? Où en me remettant debout, décidé, vivant pour commencer le jour du Seigneur avec le Seigneur. Chaque jour je commence, c’est le titre d’un vieux livre écrit par un Dominicain. Puis-je dire : chaque jour je commence ?

Revenons au texte : commencement de l’évangile, de Jésus, Christ, Fils de Dieu.

Commencement de l’intervention historique, ce qui veut dire : qui va changer l’histoire, qui va changer définitivement l’histoire. Cet événement c’est Jésus. Remarquez que Marc a séparé les mots Jésus, Christ, Fils de Dieu !

Jésus, le fils du charpentier, bien situé dans un village entre Capharnaüm et Cana, Nazareth ! De Nazareth ? dira Nathanaël, que peut-il sortir de bon ? Oui, Jésus le Nazaréen. C’est bien un homme. Et toute la première partie de l’évangile de Marc prend cela en considération. Jusqu’au 8° chapitre (Il y en a 16), Jésus fait taire tous ceux qui disent (ceux sont généralement des démons qui le disent) qu’il est Fils de Dieu. Les démons ! ceux qui ont la foi et n’ont pas l’amour !

Jésus, l’homme, le fils du charpentier, sans doute charpentier lui-même, c’est dit une fois. On n’a jamais entendu son père parler, mais les évangiles parlent de Joseph le charpentier dont Matthieu fait la généalogie pour commencer son évangile.

Jésus, Christ, Fils de Dieu.

Christ, messie en hébreux, Christ en grec. L’oint, celui qui a reçu l’onction, comme David 1000 ans avant à Bethléem. Jésus est donc, dès le début de l’évangile de marc, présenté comme homme, Jésus ; Messie, Christ, et pour qu’il n’y ait pas de doute : Fils de Dieu. C’st la résurrection qui nous le dit. Et c’est déjà Pierre, au milieu de l’évangile de Marc, au chapitre 8, qui le proclame.

Question de Jésus au chapitre 8 : que dit-on que je suis … réponses Élie, Jean-Baptiste …

Et Vous, que dites-vous, pour vous, qui suis : alors Pierre dit : « Tu es le Christ ». Et il leur défendit d’en parler. Et à partir de ce moment-là Jésus quitte la Galilée pour monter à Jérusalem.

C’est ce que nous allons célébrer à Noël.

Un Noël de plus, ennuyeux ou jouissif suivant les cas, les situations. Et si nous en faisions un événement nouveau, unique, actuel, présent, actif, qui nous change. A chacun de savoir comment, mais sachons et révélons pourquoi : parce que Jésus, que j’y crois ou non, change l’histoire depuis 2000 et plus, parce que Jésus, je le crois, change l’histoire aujourd’hui, parce que Jésus change mon histoire. A chacun de nous de faire que Jésus change son histoire en cette fête de Noël dont nous nous approchons. C’est aujourd’hui que ça commence sur cet autel où vient intervenir dans nos vie Jésus, Christ, Fils de Dieu. Ouvrons-lui la porte, laissons-le intervenir dans nos vies pour qu’elles deviennent une bonne nouvelle pour ceux que nous rencontrerons, une bonne nouvelle pour ce monde.

Père Gérard Faure, curé

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