Nous disons que nous croyons au mystère de la Sainte Trinité....

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+

Homélie du dimanche 4 juin 2023

DIMANCHE DE LA TRINITÉ

Si vous posez la question : qu’est-ce qu’un mystère, il est possible que la plupart des réponses tournent autour de : quelque chose que l’on ne comprend pas.

Ce n’est pas faux, mais c’est tout à fait insuffisant.

Certes, il y a dans les mystères chrétiens « quelque chose que l’on ne comprend pas. » Mais si tout ce que ne comprend pas devient u mystère, ça va en faire beaucoup ! Ne pas comprendre ne suffit pas à définir un mystère.

Il y a bien un acte de foi dans les mystères chrétiens. Nous disons « je crois »

Saint Paul, emploie le terme "mystère de Dieu" (Col 2,2) pour parler de "toute l'histoire sainte, depuis la venue du Christ ici-bas jusqu'à sa parousie. L’Évangile est la révélation de ce mystère".

La Tradition reprendra ce terme de mystère pour l'appliquer aux sacrements, comme l'Orient le fait encore : l'expression "Saints Mystères" est utilisée en Orient pour désigner les sacrements, et en premier lieu l'Eucharistie. On parle aussi communément de mystère pascal pour désigner la rédemption opérée par la mort et la Résurrection du Christ.

En Occident, le terme grec mysterion sera traduit par les Pères latins par sacramentum.

La théologie catholique distingue :

• Les mystères naturels dont nous pouvons connaître l'existence et le contenu par analogie.

• Les vérités qui ne sont révélées que par Dieu dans l'histoire du salut.

• Les vérités inaccessibles.

La Trinité, l'Incarnation, la Rédemption, sont des mystères selon les dogmes catholiques.

Avant de chercher à comprendre un mystère, tout en cherchant à comprendre un mystère car notre intelligence ne doit jamais être mise à l’écart, nous sommes invités à l’accueillir et à le laisser nous habiter, vivre en nous, demeurer en nous.

Nous communion au mystère de l’Eucharistie.

Nous disons que nous croyons au mystère de la Sainte Trinité.

C’est donc d’abord une histoire d’expérience. Il s’agit d’abord de faire l’expérience de la présence de Dieu en nous. Tout ce qui fait notre vie peut nous aider ou au contraire nous éloigner de l’expérience de vie qu’il y a dans un mystère.

Notre vie elle-même ne contient-elle pas une part de mystère. Allez savoir pourquoi je n’étais pas de bonne humeur quand je me suis réveillé ce matin. Pourquoi j’étais sans enthousiasme (enthousiasme = plein de Dieu) tout le samedi. Mon péché sans doute, la fatigue, peut-être même la soirée ratée de vendredi au stade ou je ne sais quoi d’autre. Pourquoi ce matin encore je me demandais comment vous parler maintenant. J’ai alors écouté, comme à peu près chaque dimanche, l’émission « le Bach du dimanche » sur France musique. C’est une bonne préparation à la messe, d’autant que souvent l’animatrice de l’émission diffuse une cantate de Bach qui reprend les paroles de l’évangile du jour. Ce matin était diffusée la cantate BWV 165, cantate composée pour la fête de la Trinité. Je me suis alors rappelé une expérience vécue il y a quelques années à Toulouse.

Depuis plusieurs années à Toulouse, une fois par mois les musiciens de l’ensemble baroque reçoivent le lundi la partition d’une cantate de Bach. Le dimanche suivant à 17 heures les musiciens se retrouvent pour une répétition publique et à 18h30 donnent leur interprétation pendant laquelle ils ont l’audace de faire chanter le public pour le chœur final. J’y suis allé une fois, et ils interprétaient une cantate de Bach écrite pour la fête de la Ste Trinité. Pendant la répétition, le chef commentait ce qu’ils faisaient. C’était une vraie catéchèse sur la trinité tant Bach avait écrit cette cantate avec sa foi et son expérience de la trinité. Voilà un langage de la foi. Il y en a d’autres. Beaucoup (malheureusement) ne sont pas sensibles à la musique de Bach. Il y a le langage des arts, Il y a le langage catéchétique : Qu’est-ce que la trinité - § Pierres Vivantes page 124. Il y a le langage des icônes et tout particulièrement celle d’Andreï Roublev dont je parle dans La DOMINICALE et plus encore dans la version informatique appelée LIANE 5. …

Mais il y a surtout le langage de la vie. Nous recevons l’Esprit Saint dans la communion Eucharistique pour communier à l’expérience du Dieu qui se donne, notre Dieu, que nous saluons sans cesse au Nom du Père et du Fils et du St Esprit.

L’Esprit nous met en communion avec le Christ qui nous tourne vers le Père et vers nos frères, vers le Père avec Jésus notre frère, vers le Père pour tous nos frères.

Le langage de la vie : saint Paul nous dit que L'Esprit Saint est celui qui fait reconnaître Jésus comme le Seigneur. Jésus nous tourne vers le Père et vers nos frères. Cette semaine, chaque fois que nous nous signerons, que nous nous marquerons du signe de la croix, prenons conscience de la présence du Dieu trinitaire en nous et puisons la force d’aimer et de servir concrètement nos frères et nos sœurs.

Rappelons-nous que c’est à l’amour que nous avons les uns pour les autres, que l’on sait que nous sommes disciples de Jésus. Ce n’est pas en parlant bien de la Sainte Trinité mais en la laissant vivre en nous.

Père Gérard Faure, curé

Pour télécharger l'homélie, cliquez ici

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+