Osons la pauvrté !

Ce que nous propose ce dimanche est d’analyser notre place dans le projet de Dieu ; pas un curseur selon l’abondance de nos biens mais un curseur selon nos actes pour le bien.

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+

Homélie du dimanche 25 septembre 2022 - Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié

Un fan des Pères de l’Église, Roland De Lary m’a largement inspiré par ses méditations sur les textes du jour. Les textes de ce dimanche nous atteignent en plein cœur, ils nous mettent devant nos responsabilités avec un réalisme terrible. Comme nous devrions le faire chaque fois, mettons-les en parallèle.

Amos est l’insatiable défenseur des pauvres ; alors   que les   royaumes de Juda et d’Israël sont divisés il les parcoure et lance ses critiques. Écoutons le vocabulaire : lits d’ivoire, divans, agneau et veau gras, harpe, large coupe et parfum, etc. Pour les riches c’est la fête, l’opulence mais ces mots qui ne reflètent que des considérations matérielles sont ceux de l’insouciance, de la tentation. Ils conduisent à la perte.

Paul prend le sujet à l’opposé en s’adressant à son élève Timothée. Il s’agit d’être dans la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance ou la douceur. Il s’agit a minima d’expérimenter ces valeurs, il s’agit de se préparer. Mais les vertus ainsi énumérées sont peut-être plus abstraites dans notre quotidien. Il est plus facile de saliver devant un bon dessert que de concevoir nos actes de piété ou de charité. Ces mots nous mettent cependant dans l’action, une action salvatrice.

pauvreté_01.jpgEt l’Évangile de reprendre ces deux approches en plaçant en miroir le luxe, les festins et autres biens d’un riche inconnu avec les plaies, les ulcères, les malheurs de Lazare. Ce riche qui même dans la mort et dans sa supplication tardive ignore son propre comportement continuant à traiter Lazare comme un esclave, continuant à ignorer sa propre condition d’homme de Dieu. Il en a perdu son nom, il en a perdu la vue elle-même, la vue de son péché, la vue du vivant.

Alors nous sommes secoués par ces situations : les pauvres ne seront-ils que les seuls à être acceptés auprès de Dieu ? Devons-nous tout abandonner ? Sommes-nous riches, trop riches ? Non il ne s’agit pas de se flageller, de se morfondre en regret, de pleurer sur notre sort. Ce que nous propose ce dimanche est d’analyser notre place dans le projet de Dieu ; pas un curseur selon l’abondance de nos biens mais un curseur selon nos actes pour le bien. Et d’autres mots résonnent alors : exclusion, inégalité sociale ou économique, partage, accueil, attention, amour. Et se projette sous nos yeux le mot certainement central de nos lectures : abîme. Abîme de notre ignorance, abîme de notre négligence, abîme de notre indifférence. Cet abîme dont les prophètes ont tant parlé, cet abîme dont Jésus lui-même est venu nous entretenir, cet abîme qui précède chacun de nos pas, nous ne pouvons l’ignorer, il ne rentre plus dans l’ordre de l’omission mais il n’est pas pour autant inaccessible. Cet abîme est comblé par le pardon, il est comblé lorsque nous ouvrons notre regard, notre cœur sur les réalités du monde, il est comblé lorsque nous sommes source de vie et d’amour. Jésus ressuscité nous a sauvés d’un abîme infranchissable mais l’abondance de sa grâce ne nous a pas retiré la liberté fondatrice de notre humanité. Il est là le dilemme pour lequel nous sommes attendus. Non la richesse matérielle n’est pas liberté, oui la vraie liberté est dans l’amour. St Augustin nous le répète « aime et fais ce que tu veux ». La liberté de nos actes y compris matériels est soumise à cette prééminence de l’Amour.

Alors réfléchissons aujourd’hui à l’amour que nous mettons dans nos biens, l’amour que nous

transmettons avec nos biens. Que le don soit notre richesse. Osons la pauvreté.

Père Gaston Yerbanga

Pour télécharger l'homélie, cliquer sur l'image ci-dessous

esperance.jpg

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+