Méditer la parole de Dieu

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+

Homélie du dimanche 24 janvier 2021

Le Pape François a institué un « dimanche de la Parole de Dieu » , chaque année, qui est ce 3° dimanche du temps ordinaire. Le but du Pape, à la suite de Benoît XVI, qui avait réuni un synode et rédigé une encyclique sur le sujet, c’est d’inviter chacun de nous à méditer cette Parole pour en vivre.

Mais posons-nous la question : « Qu’est-ce que la Parole de Dieu ? » Est-ce le livre de la Bible, les textes souvent compliqués qu’on y trouve ? – Pas exactement. Vous savez bien le danger qu’il y a à vouloir prendre les textes « au pied de la lettre ».

La Bible est d’abord, évidemment, une parole d’hommes, marqués par leur situation, leur culture, leurs préjugés éventuellement… Le Pape écrit ceci : "Comme le rappelle l'Apôtre, « la lettre tue, mais l’Esprit donne la vie » (2 Co 3, 6). Le Saint-Esprit transforme donc la Sainte Écriture en une Parole vivante de Dieu, vécue et transmise dans la foi de son peuple saint. (…)

D’ailleurs, avant de devenir un texte écrit, l’Écriture Sainte a été transmise oralement et maintenue vivante par la foi d’un peuple qui la reconnaissait comme son histoire et son principe d’identité parmi tant d’autres peuples. La foi biblique se fonde donc sur la Parole vivante et non pas sur un livre."

C’est le St Esprit qui transforme le texte écrit, l’Écriture Sainte, en une parole vivante, une parole qui s’adresse à nous, dans notre cœur, quand nous prions, et quand nous participons ensemble à la messe.

C’est surtout depuis le concile Vatican II (1962-65) qu’on insiste sur l’importance de la Parole de Dieu. Il y a eu un grand renouveau à la suite du concile. Mais était-ce une nouveauté ? Pas du tout, bien au contraire ! La méditation de l’Écriture, l’écoute de la Parole de Dieu est une pratique qui nous vient du peuple juif (l’évangile nous montre souvent Jésus se rendant à la synagogue, et même faisant la lecture), et l’on peut encore citer en exemple tous les moines bénédictins, fondés au VI° siècle : la méditation de l’Écriture est pour eux une pratique quotidienne, depuis toujours ; c’est la base-même de la vie monastique.

Passons aux conseils pratiques : comment faire ?

• À mon avis, une chose est indispensable, c’est d’avoir un missel. Même si vous n’avez pas de Bible, il faut au moins avoir un missel. Soit le missel du dimanche (9 €) soit un missel quotidien. Ainsi, vous pouvez lire l’évangile et les autres textes proposés, en vous demandant : « Qu’est-ce qui me frappe ? Qu’est-ce que le Seigneur me dit aujourd’hui ? ».

• Et vous pouvez essayer de lui répondre par la prière.Vous pouvez aussi participer à toutes sortes de groupes chrétiens, soit des groupes bibliques, soit d’autres groupes où un temps est toujours réservé à écouter et partager la Parole de Dieu.

• Enfin, si vous voulez aller plus loin, vous pouvez suivre des cours sur la Bible, par exemple à l’Institut Pey Berland.

Maintenant, pour ne pas en rester à des idées générales, écoutons justement la Parole de Dieu en ce dimanche.

C’est le texte de St Paul qui m’a particulièrement frappé :

« Frères, je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’avaient pas de femme, ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas, (etc…) Car il passe, ce monde tel que nous le voyons. »

N’y aurait-il pas ici une sorte de « spiritualité pour temps de pandémie » ? Car nous sommes marqués par beaucoup d’incertitudes et d’inquiétudes, l’avenir peut nous faire peur. N’est-ce pas le moment de nous demander ce qui compte vraiment pour nous, sur quoi – sur qui – repose notre confiance ? C’est un discernement et un choix qu’il faut faire à tous les tournants de la vie. A quoi suis-je attaché ? De quoi devrais-je me détacher ?

L’évangile nous a rappelé que Jésus avait commencé sa prédication par des mots qui évoquent ceux de St Paul :

« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

C’est ce qu’on appelle quelquefois « l’aujourd’hui de Dieu ». C’est aujourd’hui, c’est maintenant, dans cette situation où nous sommes, qu’il faut dire ‘oui’ à Jésus.

Père Didier Monget

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+