« Avec Moi, aujourd’hui ! »

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Homélie de la fête du Christ-Roi 2022

Pourquoi faisons-nous le signe de croix lorsque nous entrons dans une église, lorsque nous commençons une célébration ? Pourquoi avons-nous des crucifix dans nos églises, dans nos maisons ?

Parce que nous avons cette certitude que PAR Jésus l’amour de Dieu a pris le chemin de la croix, parce que nous avons cette certitude qu’EN Jésus l’amour de Dieu a dévoilé sa vérité à travers la croix, parce que nous avons cette certitude qu’Avec Jésus l’amour de Dieu vit dans le sacrifice de la croix.

Voilà que l’évangéliste Luc qui maitrise à merveille le sens de la construction de son évangile nous présente un texte comme étant un face-à-face avec deux autres événements :

Premier face à face : le Golgotha en vis-à-vis du mont Thabor : Jésus entre deux malfaiteurs et Jésus entre Moïse et Elie. Fabrice Hadjadj exprimera ce face-à-face en ces termes fulgurant : « En croix on parle de gloire, en gloire on parle de croix. » Mais en quoi est-ce La Bonne Nouvelle ?

Pour nous chrétien et rien ne pourra y changer, la Gloire ET la Croix sont indissociables. L’amour inconditionnel du Père et du Fils est passé par la croix, passera toujours par la croix, cet événement unique et ineffaçable.

Second face à face : les tentations de Jésus dans le désert ET la foule aux portes de Jérusalem. : « Si tu es le fils de Dieu, ordonne…, prosterne-toi, jette-toi…» Et voilà que le tentateur prend cette fois ci un visage, un vrai visage, le visage de monsieur et madame tout le monde, la foule, le visage des chefs, le visage des soldats, le visage d’un malfaiteur : « Si tu es le fils de Dieu sauve-toi toi-même ! » Quand l’affreuse mécanique de la répétition du tentateur est lancée il est difficile de l’arrêter. Et si nous voulions l’arrêter par nous-même par notre propre logique nous pourrions vite tomber dans ce piège de designer BON ce qui est mauvais et de condamner comme étant mauvais ce qui est BON.

N’a-t-il pas raison celui qui dit : « Sauve-toi toi-même et nous avec ! » Il parle du salut non ? et en plus il pense aux autres « avec ce nous ». N’est-il pas égoïste celui qui dit « Jésus souvient-toi de moi ! » N’est-il pas dans le marchandage, le donnant-donnant, « je reconnais là une injustice cela vaut bien une place au paradis non ? »

Nous voyons trop souvent les choses comme nous voudrions qu’elles soient : une croix sans Christ, un christ sans croix.

Cette semaine j’ai entendu 3 questions : comment faire pour accompagner des adolescents au baptême, Comment faire pour accomplir la mission diaconale ? Comment faire pour nous relever d’une église bafouée de l’intérieur ? Et nous pourrions poursuivre à l’infini ces questions : comment faire pour être de bons époux, de bonnes épouses, comment faire pour être des grands-parents pleins de sagesse, des paroissiens actifs….

Ne cherchons pas à faire par nous-même ; même Jésus n’a rien fait par lui-même. L’Emmanuel c’est DIEU AVEC NOUS !

« Aujourd’hui, AVEC MOI, tu seras dans le paradis. »

Dans quelques minutes nous entendrons dans la prière eucharistique ces quelques mots : « Par lui, Avec lui et En Lui ». Ces paroles peuvent en ce jour de la fête du Christ Roi raisonner plus particulièrement dans nos cœurs. Encore faut-il avoir un cœur libéré du « par nous –même, avec nous-même et en nous-même » car si nos cœurs affligés ne sont pas libres comment pourront-ils accueillir l’Esprit Consolateur ?

N’est-ce pas le Christ Roi qui nous a délivré cette béatitude : « Heureux les affligés, ils seront consolés. »

Jean-Marie Perrier, diacre

Pour télécharger l'homélie, cliquez ici

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