"C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie." (Luc 21, 19)

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Homélie du dimanche 13 novembre 2022

C’est la dernière phrase de cette page de l’Évangile de ce jour. Le message de Jésus nous ouvre encore à l’espérance. Dans les épreuves, qui sont de toujours, mais qui nous font penser à la fin de tout, il y a toujours la présence actuelle de Jésus, notre Sauveur.

Lorsque nous témoignons de lui pour annoncer cette bonne nouvelle qu’il est vivant, et qu’il nous fait vivre vraiment, nous avons encore à affronter bien des difficultés. Mais Jésus est bien "avec nous" quand nous supportons les conséquences du mal, de la maladie, des violences que nous pouvons subir, aussi. D’une manière ou d’une autre, il nous arrive de nous heurter à la contradiction, au rejet, au mépris. Pour beaucoup, dans le monde, il s’agit bien de persécution.

En ces moments, si nous sommes unis à Jésus, dans la confiance, la maîtrise pour dépasser nos premières réactions de défense, si nous nous rappelons que lui – qui est vivant, toujours avec nous – est passé lui-même par les souffrances et la mort, nous savons bien que maintenant, il porte avec nous nos souffrances. Restons dans cette attention à sa présence cachée, mais réelle… Nous verrons, encore, que la persévérance nous fait avancer vers plus de vie.

Il y a des épreuves, nous le savons, qui nous font grandir aussi, dans le courage, et qu’après les avoir dépassées, elles nous aident, finalement, à purifier nos options, nous ouvrant davantage aux autres, et dans la vérité. Nous apprenons alors, peu à peu, une sagesse pour vivre mieux.

Pour ceux qui ont à affronter la persécution, la privation de liberté religieuse et même à répondre de la foi dans un climat hostile (et nous avons des frères et des sœurs dans le monde qui subissent ces épreuves), Jésus assure qu’il inspirera lui-même leur prise de parole. En fait, il les soutiendra.

Il y a aussi bien d’autres souffrances…

Dans l’épreuve du deuil, de la mort d’une personne proche, nous avons aussi reçu le soutien de beaucoup de personnes qui nous ont réconfortés, et nous pouvons compter sur les amis qui restent proches. Et nous-mêmes, aussi, nous ne sommes pas indifférents à la peine des autres. Persévérons ds, cette attitude d’empathie, restons fidèles aux amis, persévérons dans l’attention aux autres, dans l’amour fraternel… C’est là que l’amour, qui fait vivre, grandit en nous et nous fait garder l’espérance toujours.

Et dans la prière personnelle, nous apprenons que Jésus nous a déjà rejoints, qu’il est toujours avec nous, qu’il porte avec nous toutes nos épreuves.

croix 01.jpgNous savons que Jésus avait promis, qu’après avoir préparé une place à ses amis, dans la maison du Père, il reviendrait vers eux. Et aujourd’hui, Jésus nous accompagne, il marche avec nous, nous pouvons nous réchauffer à ses paroles… comme cela est arrivé aux disciples d’Emmaüs : après l’avoir reconnu, ils se disaient entre eux : "Notre cœur n’était-il pas tout brûlant lorsqu’il nous parlait sur la route et nous expliquait les Écritures ?" La chaleur de sa parole reçue, voilà le vrai feu qui réchauffe nos froidures, nos désolations, nos doutes. Nous espérions et nous sommes déçus, découragés ? – Mais non : "ne fallait-il pas que le Christ souffrir pour entrer dans sa gloire ?"

Alors, lorsque la rencontre avec le Ressuscité, que nous vivons dans la foi sans voir, devient bouleversante parfois, et dans la persévérance, réchauffe notre cœur, alors, nous apprenons à vivre, en nous appuyant sur ce qui est sûr, solide, ce qui entraîne au bonheur.

C’est donc à la persévérance dans la foi, la foi vécue, priée, agissante, que nous retrouvons la vie. "C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie."

Nous pouvons relire encore, pour soutenir te réchauffer notre foi les textes bibliques de ce jour :

– L’amour de Dieu pour son peuple, exprimé par le prophète Malachie (3,19-20a), dans une période de laisser-aller et de désespérance, après le retour de l’exil et la reconstruction du Temple : cet amour du Seigneur, qui vient, est comme un "soleil de justice qui apporte guérison dans son rayonnement"…

– La jeune communauté de Thessalonique (Thes.3,7-12) que Paul avait fondée était traversée par des difficultés internes : certains, persuadés que le Christ allait revenir dans peu de temps, pensaient qu’ils ne pouvaient rien faire. Ils ne travaillaient plus. Ils étaient "affairées sans rien faire, dans une vie déréglée". Paul les appelle à travailler pour qu’ils ne soient pas à la charge des autres. C’est ainsi que, dans le labeur quotidien, la persévérance dans notre apport, comme service pour les autres, que nous nous préparons la venue du Sauveur…

Cette venue du Sauveur, venue définitive, à la fin, n’est pas pour tout de suite : c’est ce que Saint Luc dans l’Évangile (21/5-19) rappelle avec les paroles de Jésus qui envisageait les malheurs qui peuvent nous frapper tout au long de l’histoire, et maintenant aussi. "Ce ne sera pas pour tout de suite la fin". Il s’agit d’être persévérants dans nos efforts, courageux dans le témoignage, assidus dans la prière et constants dans le service des autres. Les épreuves arriveront, mais ce ne sera pas de sitôt la fin.

Nous sommes toujours dans le temps de l’espérance, de la persévérance. Si nous l’acceptons, par amour du Christ qui s’est donné pour nous, alors nous garderons la vie, la vraie vie, la vie de Dieu en nous.

Et cette vie nous est toujours offerte.

Père Daniel Bertaud

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