Homélie de la messe de la Toussaint 2019

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UN PEUPLE PETIT ET PAUVRE

 

Au moment de quitter le diocèse de Bordeaux, Mgr Ricard, notre ancien Archevêque, a donné plusieurs interviews. Il a cité en particulier ces deux chiffres : il y a 18 ans, en 2001, au début de son épiscopat, 34% des enfants suivaient le catéchisme – et maintenant, au moment de son départ, le chiffre est de 14%. Encore faut-il noter que, sur ces 14%, 10% sont dans l’enseignement catholique ; par conséquent, ce serait seulement 4% des enfants de l’enseignement public qui suivraient le catéchisme.

Ces chiffres confirment malheureusement la chute numérique considérable que connaît l’Église catholique dans notre pays. Oui, nous sommes en train de devenir une minorité.

Dois-je ajouter à cela les différents aspects de la crise traversée par l’Église, les abus de toute sorte qui ont été révélés ces dernières années, et qui contredisent si gravement le témoignage que l’Église veut rendre à son Seigneur ?

Église minoritaire, chrétiens en petit nombre. Église malmenée, affaiblie par les péchés de ses membres… Église toujours appelée à la sainteté.

La fête de Toussaint comporte cette double dimension : elle nous invite à contempler les visages rayonnants de tous ceux qui sont arrivés au bout du chemin, à la ‘patrie céleste’, à la rencontre avec Dieu, tous les saints connus et inconnus, ceux qui sont inscrits au calendrier, et tous les autres, innombrables, saints de tous les jours, ‘gens des rues’, peuple des béatitudes.

Et puis, cette fête fait retentir aussi pour nous, aujourd’hui, l’appel pressant à la sainteté. Les saints ne sont pas une élite, les saints sont tout simplement les chrétiens qui sont vraiment chrétiens, qui ont vraiment donné leur vie au Christ, sous des formes extrêmement variées. Nous sommes tous appelés à devenir des saints.

Aux questions que nous pouvons nous poser, au désarroi qui peut être le nôtre, la liturgie de Toussaint donne deux réponses, deux encouragements :

• La première réponse, c’est que l’Eglise est faite pour le ciel, nous sommes faits pour le ciel, pour vivre toujours avec Dieu, en Dieu, avec Jésus, dans l’Esprit d’amour qui les unit. C’est le message du livre de l’Apocalypse, écouté dans la première lecture :

J’ai vu : voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.

Et ils s’écriaient d’une voix forte : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le Trône et à l’Agneau ! »

Le ciel nous est présenté ici comme une fête, une immense fête liturgique. Tous les saints, tous les sauvés, toute la famille humaine, réunis autour de l’Agneau, autour du Christ, humble et victorieux, ayant traversé les souffrances de la Passion, et désormais siégeant pour toujours auprès de Dieu le Père.

Chercher Dieu, aimer Dieu, vouloir vivre toujours unis à Dieu, c’est notre travail sur la terre, c’est ce qui nous prépare à la Rencontre définitive dans le ciel.

• La deuxième réponse, c’est l’évangile des Béatitudes. C’est par ces paroles que Jésus introduit son enseignement, dans l’évangile de St Matthieu. Il n’énumère pas des obligations, une nouvelle loi, un nouveau décalogue. Il trace un portrait. C’est d’abord son portrait, en fait : il est le pauvre de cœur, le doux, le cœur pur… il est celui qui pleure, qui est persécuté pour la justice… C’est le portrait du disciple, le portrait du chrétien. C’est le chemin du chrétien sur la terre. Nous sommes tous appelés à devenir des pauvres de cœur, des doux, des humbles, des affamés et assoiffés de justice – même quand nous pleurons, même quand on dit du mal de nous – à cause de Jésus.

L’heure est venue de reprendre conscience que Jésus ne nous a pas appelés à la réussite, au triomphe, à l’éclat médiatique – mais à l’humble chemin des Béatitudes, l’humble chemin qu’il a lui-même suivi.

Déjà, il y a bien longtemps, 7 siècles avant Jésus Christ, le prophète Sophonie annonçait au peuple d’Israël, qui vivait un temps d’épreuves, et qui prenait conscience de ses péchés :

Parole du Seigneur :

11 Ce jour-là, tu n’auras plus à rougir de tes méfaits, de tes crimes contre moi, car alors j’extirperai de toi ceux qui se vantent avec insolence, tu cesseras de te pavaner sur ma montagne sainte.

12 Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit ; il prendra pour abri le nom du Seigneur.

13 Ce reste d’Israël ne commettra plus d’injustice ; ils ne diront plus de mensonge ; dans leur bouche, plus de langage trompeur. Mais ils pourront paître et se reposer, nul ne viendra les effrayer. (So 3)

 

Père Didier Monget, curé

Pour télécharger l'homélie, cliquez ici

 

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