Homélie du dimanche 10 mai 2020

L’Espérance n’est pas le rêve de ce qui viendra un jour ; c’est croire que les actes d’amour que nous posons au jour le jour à la suite du Vivant sont faits pour l’éternité. Ceux qui agissent ainsi construisent déjà l’éternité, le Royaume de Dieu.

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Le droit à l'Espérance

Tous les jours nous avons des comptages des morts victimes de ce virus mortifère, chez nous et ailleurs dans le monde. La question de la mort nous taraude. Ce sont aussi les questions des disciples de Jésus prenant conscience de la mort imminente du Seigneur. Jésus se montre proche de leur désarroi, il les rassure : « que votre cœur ne soit pas bouleversé, je vais partir et je vais revenir ? » .Thomas toujours avide de précisions interroge Jésus : « et pour nous quel chemin suivre ?» . « Croyez en moi, faites moi confiance, répond Jésus, et il ajoute, Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie. » Jésus leur avait déjà dit : celui qui veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il renonce de croire d’être le maître de tout dans ce monde, d’avoir réponse à tout, que sa tenue de service soit l’humilité, qu’il prenne le chemin que j’ai pris qu’il prenne sa croix, celle des épreuves de la vie qui peuvent s’accumuler : santé, chômage, tensions familiales, qu’il les oriente en Moi, par Moi. Qu’il prenne le chemin de la Vérité : qu’il soit en vérité dans sa relation avec Moi, avec les autres. Alors la vérité le rendra libre. Je suis la Vie : en disant « je pars dans la maison du père, je vous emmènerai avec Moi », Jésus annonce  discrètement à ses disciples  sa vie en communion avec son Père et en communion avec nous : promesse  pour nous de la Vie qui traverse la mort.

Quand un proche meurt, nous voilà bouleversés ; cette absence insupportable, ce vide immense, rien  ne sera comme avant. Au moment du deuil, l’entourage, les accompagnateurs de familles en deuil apportent réconfort, confiance en la vie, paix intérieure. Et voilà qu’aujourd’hui il arrive que nous n’avons pas le droit d’être à côté du mourant, pas le droit à certains membres de la famille, aux amis d’aller aux obsèques ; une épreuve qui s’ajoute à celle du deuil. Un droit qui ne sera pas enlevé à nous les chrétiens : c’est le droit à l’Espérance. Elle est fondée sur le fait que Dieu sait tout tourner vers le bien : même la mort. D’un tombeau vide Dieu fait sortir la Vie. À partir de notre Foi en l’évènement pascal, demandons à l’Esprit Saint d’avoir la conviction que la mort n’est pas la fin de tout, que la vie n’est pas détruite par la mort, que le Christ a vaincu la mort, qu’il est  le Vivant, présent en nous, avec nous, pour nous. Jésus a dit : celui qui croit en Moi a la vie éternelle. Remarquez qu’il n’a pas dit « aura la vie éternelle ». Dans son livre  « Veilleur où en est la nuit » Adrien Candiard disait : «  l’Espérance n’est pas le rêve de ce qui viendra un jour ; c’est croire que les actes d’amour que nous posons au jour le jour à la suite du Vivant sont faits pour l’éternité. Ceux qui agissent ainsi construisent déjà l’éternité, le Royaume de Dieu ».

Que l’Esprit Saint nous donne de poser de tels actes.

Jean Claude Dupart, diacre du secteur

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