Homélie du Mercredi des Cendres 2019

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Prédication faite par Jean-Marie Perrier, diacre permanent du secteur EUGENI

 

La liturgie nous réserve bien des surprises. Des trésors ; c’est peut-être l’un de ces trésors dont il question lorsque Jésus Christ nous dit « ton père qui voit dans le secret te le rendra ».

Quelle est le trésor que je reçois aujourd’hui et souhaite partager avec vous ce soir ?

Entre le texte du prophète Joël et le passage de l’évangile, à première vue, c’est à ne rien y comprendre ?

D’un côté, le prophète nous présente une attitude de repentances sous forme d’un élan d’enthousiasme vers Dieu. Élan digne d’une grande fête, une assemblée sainte pleine de ferveur.

De l’autre Jésus, qui s’adresse à ses disciples (cela peut nous parler plus particulièrement aujourd’hui nous qui sommes appelés en Gironde à être disciples missionnaires) Jésus insiste vivement et à trois reprises à rester dans le secret du cœur à cœur avec le Père.

Alors ce trésor, me direz vous, où est –il ? : dans le mouvement, le mouvement d’une relation et d’une rencontre. Le mouvement tourné vers Dieu le Père, le mouvement ouvert sur l’autre, sur les autres. Oui c’est bien cela la surprise qui nous anime nous aussi ce soir : ce désir brulant d’une rencontre impossible aux yeux des hommes mais possible sous le regard de Dieu. : « être des coopérateurs de Dieu qui ne laissent pas sans effet la grâce reçue de lui » nous proclame St Paul. Voilà ce que nous sommes vraiment appelé à vivre, voilà ce que nous désirons vivement et la raison qui nous conduit ici en assemblé ce soir. Voilà la condition nécessaire qui donne l’élan à notre vie : se tourner vers Dieu le Père en tant que Coopérateur de Dieu :

N’est ce pas là la plus belle expression de la vie ? N’est-ce pas là le plus beau geste de bonté qui soit ? N’est-ce pas là le plus vrai chemin sur lequel nous sommes appelés à avancer, chacun selon nos dons ! Des Coopérateurs de Dieux. 

Je tenais ce soir à exprimer la joie qui nous est offerte une fois pour toute, la joie d’être sauvé ! Mais qu’il est difficile ce chemin de foi ! Comment confesser cette joie de foi à l’heure ou l’Église subie une incroyable tempête, à l’heure ou notre évangile, notre bonne nouvelle, notre Christ est blessé, meurtri, trahi, bafoué. « Où donc est notre Dieu ? » crie le psaume.

Comment « sonner du cor, annoncer une fête solennelle, réunir le peuple, tenir une assemblée sainte, rassembler les anciens, réunir les petite enfants et nourrissons ? Quel élan, quel visage donner à notre attitude de chrétien dans cette souffrance?

Faudrait-il s’enfermer chez soi ? : « restez dans le secret de votre chambre » nous dis Jésus. Et voilà c’est au plus profond des secrets de certaines chambres sordides que le mal s’est manifesté, au plus profond de l’intimité des personnes. Détournement pervers de la Parole !

Oui, le mal sort du cœur mauvais des hommes tournés uniquement vers eux même ! Là commence l’hypocrisie : L’homme tourné vers lui même voilà la tentation qui conduit à la faute. À l’enfermement dans un espace clôt. OR Jésus insiste bien : c’est un espace ouvert qu’il nous montre un espace tourné vers le TOUT AUTRE ;

Oui, notre Église est bien malade, elle souffre et nous souffrons aussi en elle. Et comme ces mots du psaume 50 ont une résonance particulière aujourd’hui : « Oui je connais mon péché » :

Voilà 5 ans, le pape François identifiait 15 maladies au sein de la curie : quelle grâce ce texte de notre pape François !

En ce temps de carême je vous invite à méditer ce texte du pape. Et si notre cœur était lui aussi touché par l’une de ces maladies, et si notre communauté familiale, paroissiale, religieuse étaient elles aussi atteintes. Et si ces 15 maladies étaient aussi présentes dans notre société, dans notre milieu professionnelle. Serions-nous aussi « les coopérateurs du mal ? ». Pour nous aider ce soir dans cette action de grâce de l’eucharistie des cendres je vous cite 3 des 15 maladies comme étant trois mouvements possibles de conversion :

Maladie n°3 : Pétrification mentale

« Ceux qui en sont atteints possèdent un cœur de pierre (..) Ce sont ceux qui, (..), perdent leur sérénité intérieure, la vivacité et l’audace (…) Il est dangereux de perdre cette sensibilité humaine qui permet de pleurer avec ceux qui pleurent et de se réjouir avec ceux qui se réjouissent ! C’est la maladie de ceux qui perdent « les dispositions » de Jésus. Car, au fil du temps, leur cœur se durcit et devient incapable d'aimer inconditionnellement le Père et le prochain. Etre chrétien signifie avoir les dispositions qui sont dans le christ, disposition à l’humilité et au don, au détachement et à la générosité ». La pétrification mentale n’est-elle pas l’obstacle au geste de l’aumône, ce geste de partage, geste de bonté tourné vers l’autre. Tourné vers le Père. Le geste de bonté est puissance de croissance d’amour : premier mouvement de conversions.

Maladie n°8 : la schizophrénie existentielle

« C’est la maladie de ceux qui ont une double vie, fruit de l’hypocrisie typique du médiocre et du vide spirituel. Une maladie qui frappe ceux qui (…) perdent le contact avec la réalité, avec les personnes concrètes (…). La conversion est assez urgente et indispensable pour lutter contre cette maladie extrême grave. » Double vie ? Entre vie familiale, vie professionnelle, vie associative, vie communautaire, vie virtuelle, n’avons-nous pas, nous aussi, des doubles, triples, voir multiples vies ? Comment assurer l’unité de vie ? Ah, si seulement nous pratiquions cette prière pleinement tournée vers le père en ayant la certitude d’être exaucé (c’est là l’essence même de la prière). La prière est puissance de transformation : deuxième mouvement de conversion

Maladie n°12 : la maladie du visage lugubre

« La sévérité théâtrale et le pessimisme stérile sont souvent les symptômes d’un sentiment de peur et d’insécurité. L’apôtre (le disciple) doit s'efforcer d'être une personne courtoise, sereine, enthousiaste et joyeuse qui transmet la joie quel que soit l’endroit où il se trouve. Un cœur empli de Dieu est un cœur heureux qui irradie et communique sa joie à tous ceux qui l'entourent : cela se voit tout de suite. »

Le jeûne plus qu’une privation mais comme un don, le don de la joie d’un visage victorieux, instant offert au Père. Le jeûne est une puissance de victoire, victoire de la joie sur la tristesse, victoire de la vérité sur le mensonge, victoire de la vie sur la mort :  troisième mouvement de conversion.

Ne soyons pas des médiocres ; ne soyons pas les cendres d’un enthousiasme éteint. Déchirons notre cœur pour laisser descendre la grâce en nous afin qu’elle consume notre cœur, d’un feu d’Amour qui lui ne consume pas, qui lui ne laisse aucune cendre.

Convertissez-vous, convertissons-nous et croyons en la bonne nouvelle.

En église notre secteur est en mouvement, un mouvement tourné vers le Père.

Geste de bonté

Sainte Eulalie : Orphelina de Bogota / Maison de Marie - Bordeaux

Sainte Geneviève : Tartous/Ombessa/Orphelina

St Nicolas : Oxygène-Bénin France

Et bien sûr les équipes de fraternité : ce n’est pas cherché a avoir une parole sur Dieu mais à recevoir ensemble la Parole de Dieu.

Attitude de prière

Saint Nicolas : prier selon Saint Ignace.

Sainte Geneviève méditation autour du chemin de croix tous les vendredi à 15h00 (avec mise en lumière pour le vendredi saint / vêpres tous les dimanches 18h00).

Attitude de jeûne : partage autour de la parole absence de vision du Christ ( c’est le vrai jeûne de la foi) pour mieux gouter la parole Sainte Eulalie tous les dimanche à 17h00.

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