Homélie du père Monget, curé de nos trois paroisses...

Pentecôte 2017

Aucun renouveau personnel ou communautaire, aucun nouvel élan dans la vie de l’Eglise ne peut avoir lieu s’il ne s’appuie sur l’Esprit Saint, sur "ces dons que l’Esprit accorde à chacun en vue du bien", comme le dit St Paul.

Dans l’évangile, Jésus dit :

"Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? Ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent !"

Cette histoire commence aux États-Unis, en 1966 :
Au printemps 1966, un groupe de professeurs et d’étudiants de l’Université Catholique Duquesne, à Pittsburgh, priaient chaque jour en demandant au Seigneur de répandre plus abondamment sur eux les dons du St Esprit.
En janvier 67, quatre d’entre eux participent à un rassemblement de prière du Renouveau charismatique dans une communauté protestante. Ils reçoivent alors ce qu’on appelle "le baptême dans l’Esprit" c'est-à-dire une expérience forte de la présence de Dieu, qui se manifeste dans des formes variées.
Au mois de février, le groupe d’étudiants et de professeurs catholiques partent pour un temps de retraite dans une maison religieuse. Tous étaient animés de ce désir de renouvellement profond de leur foi par les dons de l’Esprit Saint. L’une d’entre eux s’appelait Patti Gallagher. Voici ce qu’elle raconte :

"Nous étions membres d’un petit groupe d’étude de l’Écriture, qui lisait les Actes des apôtres en préparation à une retraite les 17-19 février 1967. Observant le changement spectaculaire dont les apôtres ont fait l’expérience après la Pentecôte, un des étudiants suggéra que nous renouvelions le sacrement de la Confirmation, à la fin de la retraite. Nous avons décidé, lui et moi, que nous prierions tous les deux pour un renouvellement des grâces que nous avions reçues lors de notre confirmation, même si personne d’autre ne voulait le faire. Le samedi soir, j’ai été attirée dans la chapelle et j’ai exprimé une prière de total abandon au Seigneur Jésus-Christ en m’agenouillant devant le Saint-Sacrement. Aussitôt après, je suis tombée à plat ventre devant le Dieu vivant et j’ai été baptisée dans l’Esprit. Beaucoup d’étudiants ont aussi été attirés dans la chapelle dans les heures qui ont suivi et il y a eu une souveraine effusion de l’Esprit Saint. Cet événement a marqué le début du Renouveau charismatique catholique. Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, il y a plus de 120 millions de catholiques dans tous les pays du monde qui ont été baptisés dans l’Esprit. Cela ne se produit pas nécessairement de manière spectaculaire mais à travers une prière simple et sincère pour que le Seigneur déploie son Esprit dans notre vie. Le pape François a demandé au Renouveau de partager cette grâce avec toute l’Église."

Patti Gallagher est devenue un témoin majeur de ce Renouveau dans l’Esprit dans le monde entier, par le biais de conférences, de prédications, de livres, d’émissions radio et TV. Aujourd’hui mère et grand-mère, elle a été invitée à Rome par les Papes successifs.
C’est ainsi que, 50 ans après, ces événements, environ 50000 membres du Renouveau sont réunis à Rome pour fêter la Pentecôte avec le Pape François.
On s’est parfois trop attaché à ce que Patti G appelle des phénomènes spectaculaires, comme le parler en langues, les guérisons qui ont eu lieu dans certaines communautés – et cela a engendré de la méfiance. Mais il ne faudrait pas que cela nous empêche de recevoir l’essentiel du témoignage qui nous est ainsi donné :
Aucun renouveau personnel ou communautaire, aucun nouvel élan dans la vie de l’Eglise ne peut avoir lieu s’il ne s’appuie sur l’Esprit Saint, sur ces dons que l’Esprit accorde à chacun en vue du bien" comme le dit St Paul. Je crois que nous sommes beaucoup trop timides en ce domaine (moi le premier) : nous comptons trop sur nous-mêmes, nous nous désolons de nos limites et de nos échecs, nous n’invoquons pas assez l’Esprit Saint, cette douce lumière de nos cœurs, ce Consolateur, ce repos de l’âme – ce dynamisme de la mission aussi (lisez les Actes des apôtres - et vous verrez !).

Il faut que nous prions l’Esprit pour nous-mêmes, personnellement, pour nos paroisses, pour notre diocèse : demandons lui lumière intérieure, joie et paix, réconciliation et pardon, discernement, audace, esprit d’initiative…

Prions ensemble :

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs
et envoie du haut de ciel
un rayon de ta lumière.

Viens en nous, père des pauvres,
viens, dispensateur des dons,
viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain,
hôte très doux de nos âmes,
adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;
dans la fièvre, la fraîcheur ;
dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu’à l’intime
le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine,
il n’est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi
et qui en toi se confient
donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu,
donne le salut final,
donne la joie éternelle. Amen.