Homélie Noël 2017

Prononcée par le père Didier Monget, curé du secteur, lors des messes de Noël 2017

 

 

JÉSUS, LE TOUT- PETIT

 

Jésus est tout-petit, et il va le rester. Quand il naît dans la crèche, c’est un tout-petit bébé ; il ne sait pas parler, il est totalement dépendant des adultes. Et quand il meurt sur la croix, il est encore un tout petit, en ce sens qu’il est en bas de l’échelle sociale, rejeté, méprisé, condamné. Il compte pour rien.

 

Et je crois que Jésus reste toujours un tout petit au milieu de nous, discret, silencieux, dépendant... et parfois aussi rejeté, comptant pour rien.

 

Il y a 10 jours ont eu lieu les obsèques de Johnny Hallyday, et tout le monde a été étonné par cet événement. Pourquoi ? Pour 2 raisons, à mon avis :

La première, c’est que Johnny avait dit dans une interview : « je suis chrétien, et je le resterai ; personne ne me fera changer d’avis ». C’était passé inaperçu ! Ce n’était pas ce que les médias mettaient en valeur habituellement ! Johnny chrétien ? C’est vrai qu’il portait une croix sur la poitrine, mais sur la croix, il n’y avait pas Jésus, mais une femme avec une guitare, paraît-il ! Sa vie n’a pas été très exemplaire – mais ça, c’est l’affaire de Dieu : lui seul voit au fond des cœurs.

La deuxième raison, c’est que pour ses obsèques, une foule immense de ses fans a convergé : vers où ? - Vers une église catholique, pour entendre des prières et un sermon ! Qui aurait pu imaginer cela ? Les fans de Johnny convergeant vers une église !

 

Et c’est ainsi qu’à travers la mort et les obsèques de Johnny, Jésus nous a fait un petit signe : comme s’il disait : « eh oui, je suis là, je vous attends là où vous n’y pensez pas ! ».

 

Qui sait ? dans cette foule, peut-être que l’un ou l’autre aura ressenti un appel de Dieu, un appel de Jésus ?

 

Voilà pourquoi je dis que Jésus est tout petit, et qu’il reste tout petit, discret, dépendant ; il s’est remis entre nos mains.

 

Il est évident que nous ne sommes plus, en France, dans un christianisme triomphant, spectaculaire, se répandant sur les routes et sur les écrans… On se sent parfois un peu marginalisé quand on est chrétien.

 

Mais attention ! Il faut ouvrir les yeux et le cœur :

 

• Ouvrir les yeux pour percevoir les signes qui nous montrent qu’il y a autour de nous des attentes, des attentes spirituelles – et souvent là où on ne s’y attend pas. Qui va y répondre, sinon nous ?

 

- Cette jeune femme, par exemple, qui arrive dans l’église à la fin de la messe un dimanche soir, l’air désemparé : « Ma mère est à l’hôpital, elle va très mal, je ne sais pas quoi faire – On peut prier pour elle, si vous voulez - Mais… c’est que je suis musulmane… » Alors, je l’ai conduite devant la statue de la Vierge et je lui ai dit : « vous pouvez peut-être allumer un cierge et prier Marie pour votre mère ». Et je suis resté un moment à côté d’elle...

 

- Et ces jeunes, dans un lycée professionnel, qui viennent se joindre au chemin de croix, sans avoir aucune idée ni de Jésus ni de l’évangile ?

 

- Qui va répondre, sinon nous ? Il faut ouvrir les yeux et les oreilles !

 

• Je dis qu’il faut aussi ouvrir nos cœurs pour percevoir les petits signes que Jésus nous fait à nous aussi, personnellement : un événement, une parole, une rencontre, et même une épreuve… Beaucoup de choses peuvent être des signes de Jésus qui nous dit : « eh oui, je suis là, je t’attendais, là où tu n’y pensais pas ! »

 

Jésus, le tout-petit, s’est remis entre nos mains. Sa présence dans ce monde dépend aussi beaucoup de nous.

 

Tout-à-l’heure, quand vous viendrez communier, pensez-y : il se remet entre vos mains, il s’en remet à nous pour le porter aux autres.

Père Didier Monget

 

 

 

 

Je dis qu’il faut aussi ouvrir nos cœurs pour percevoir les petits signes que Jésus nous fait à nous aussi, personnellement : un événement, une parole, une rencontre, et même une épreuve… Beaucoup de choses peuvent être des signes de Jésus qui nous dit : « eh oui, je suis là, je t’attendais, là où tu n’y pensais pas ! »