« Il faut que s’accomplisse ! » tout ce qui était écrit.

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Homélie du dimanche 18 avril 2021

Si l’on en croit Saint Luc, on a un peu l’impression que le Christ ressuscité se met à faire un cours de catéchisme à ses disciples !

« Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : ‘Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.’ »

Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »

« Il faut que s’accomplisse ! » tout ce qui était écrit.

Nous qui sommes chrétiens, nous avons bien conscience que la venue de Jésus réalise toutes les promesses, toutes les prophéties de l’AT. Mais attention ! Les choses ne s’emboîtent pas les unes dans les autres, comme par exemple une prise de courant ‘mâle’ s’emboîte dans une prise ‘femelle’. Si c’était aussi simple, les apôtres l’auraient facilement perçu. Or il n’en est rien. Ils ont au contraire le plus grand mal à saisir cela, que Dieu accomplit ses promesses.

C’est que cet accomplissement est complètement déconcertant, troublant, bouleversant… Quand Jésus annonce qu’il va monter à Jérusalem où il sera arrêté, jugé, condamné et crucifié – et ressuscitera le 3° jour – Pierre est scandalisé et proteste : ça, Seigneur, il n’en est pas question ! C’est un Messie triomphant que nous attendons, pas un Messie souffrant, un Messie qui échoue… Et pourtant, c’est bien d’une victoire qu’il s’agit, mais pas comme les hommes l’imaginent. La Croix est la victoire de l’amour, la victoire de Celui qui donne sa vie pour sauver l’autre, tous les autres.

L’accomplissement des promesses par le Christ n’est pas, non plus, comme un cadeau de Noël, quelque chose qui arriverait le jour promis, attendu…

C’est plutôt comme le bourgeon, la fleur et le fruit : il y a d’abord l’hiver, le bois est comme mort, pourtant, invisiblement, la sève circule. Puis il y a le bourgeon qui sort, tout petit, puis la fleur au printemps, et quand vient l’été, c’est le fruit qui apparaît.

De la même manière, le Christ est comme ‘caché’ à l’intérieur de l’ancienne alliance : il est caché dans Isaac, le fils d’Abraham, il est caché en Moïse, et dans le grand Prophète qu’il annonce, il est caché dans le Serviteur souffrant d’Isaïe, il est caché dans les Psaumes – si souvent cités par le NT. C’est bien pour cela que les apôtres ne l’ont pas compris, ce n’était pas dans leur logique de bons fidèles juifs, ce n’était pas comme cela qu’ils lisaient les prophètes. Il fallait que Jésus le leur découvre, il fallait « qu’il ouvre leur intelligence à la compréhension des Ecritures ».

Et l’accomplissement des promesses par le Christ… est beaucoup plus qu’un simple accomplissement ! Ce n’est pas seulement « je vous l’avais bien dit » ! C’est infiniment plus !

C’est la promesse de la résurrection pour chacun d’entre nous. C’est l’adoption filiale par le baptême : Dieu nous considère tous comme ses enfants. C’est le pardon annoncé au monde entier, à toutes les nations. C’est le Christ présent dans l’Eucharistie. C’est l’Eglise comme proposition d’une communauté fraternelle ouverte à tous. C’est le don de l’Esprit Saint dans nos cœurs. C’est le renouvellement, la nouvelle naissance. C’est la joie sur le monde. C’est l’ouverture des portes du Royaume des Cieux. C’est la vie éternelle !...

Et si tout cela est vrai, il faut aller encore plus loin. Si cela ne concernait que nous, disons les Juifs et les chrétiens (l’ancienne et la nouvelle alliances) , notre foi serait en quelque sorte ‘régionale’, circonscrite à une partie seulement de l’humanité : comment les immenses foules d’Afrique ou d’Asie pourraient-elles se sentir concernées ? Ou même les foules européennes qui prennent de plus en plus leurs distances avec la tradition chrétienne ?                

Il nous faut être convaincus que le Christ est comme caché à l’intérieur de chaque personne, de chaque culture, de chaque religion, de chaque tradition, comme une attente secrète, comme une promesse inouïe d’accomplissement, de réussite, comme l’attente d’une rencontre qui comblera tous les désirs – et même bien au-delà !

Et c’est toujours à nous d’en être les témoins : c’est Jésus qui le dit !

Père Didier Monget, curé du secteur

Pour télécharger l'homélie, cliquez ici

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