Jésus priait... Le ciel s'ouvrit...

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Homélie du dimanche 9 janvier 2022-Baptême du Seigneur

"Jésus priait... le ciel s'ouvrit..."

… et nous est décrite, dans ce récit de l’évangile selon Saint Luc, une Épiphanie : une manifestation de Dieu qui présente Jésus : il est son Fils. En lui, il trouve sa joie.

« le ciel s’ouvrit » : ces mots un peu étranges, signifient que la compréhension de ce monde, de votre vie, de notre destinée, peut nous paraître, le plus souvent, fermée, inaccessible, comme Dieu lui-même que l’ont dit pourtant créateur, proche…, et qui dans l’ordinaire de nos jours, semble parfois si lointain – c’est une constatation courante – au point que nous risquons vivre sans lui, même si nous gardons une référence à lui, au moins en intention… La bonne nouvelle, aujourd’hui, c’est que ce qui est si obscur, s’éclaire, ce qui est invisible se manifeste...

Pour les fervents de la prière quotidienne, de l’oraison, cette tentation revient parfois : et si tout cela n’était que le fruit de notre l’imagination, pour nous réconforter et nous faire accepter les difficultés de la vie auxquelles nous sommes tous affrontés ?

Épreuve de la foi … que tous les amis de Dieu connaissent et qu’ils surmontent, avec son aide...

Le ciel peut nous paraître fermé. Dans certaines situations, l’horizon  reste bien sombre. Le découragement peut nous saisir encore…

Pourtant, dans le courage que Dieu nous donne, nous acceptons bien nos tâches, nous faisons notre devoir… Mais, regardons aussi autour de nous : il y a des engagements discrets, mais efficaces pourtant, qui sont assumés humblement par des personne simples, proches de nous, qui, sans histoire, tiennent bon dans le service des autres aux multiples tâches, dans la banalité de la vie quotidienne, qui se dévouent pour  ceux qui ont besoin, qui partagent simplement de leur temps, dans le bénévolat, dans les relations de voisinage et les associations…

Alors que le ciel nous parait parfois fermé, les signes de Dieu, difficiles à reconnaître, sont pourtant là, à qui sait les voir. Il est bon, alors, en affinant notre discernement des signes de Dieu, pour retrouver l’espérance, de méditer ce récit de l’évangile : 

« Jésus priait… le ciel s’ouvrit... »

Jésus était descendu dans les eaux du Jourdain, après toute la foule qui s’était fait baptiser par Jean.

Alors s’ouvre, sur Jésus, la grand réalité de Dieu lui-même, le Père qui parle et reconnaît son Fils..

l’Esprit descend sur lui…

L’Esprit, c’est le souffle de Dieu sur la création, et, ici, la nouvelle création en Jésus.

La voix du Père, c’est la parole créatrice, et ici cette parole désigne le Fils : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi, je trouve ma joie... »

Expérience ineffable de Jésus ainsi manifesté comme l’envoyé de Dieu : il est son propre Fils, il est uni par l’Esprit de Vie au Père créateur …

Jésus priait, et le ciel s’ouvrit...

L’Esprit vient sur Jésus...

Le Père parle, et désigne son Fils...

Pour les lecteurs de la Bible, le lien se fait, dans notre esprit, avec le poème de la création, le livre de la Genèse.

En Jésus, l’Esprit vient et fait toute chose nouvelle. Le Père désigne son Fils, envoyé pour faire une création nouvelle, pour recréer toute l’humanité dans laquelle le Fils est immergé.

Nous pensons aussi à la manifestation de l’Esprit Saint, l’Esprit qui a ressuscité Jésus, et qui est envoyé sur la première communauté, le jour de la Pentecôte à Jérusalem. Tous sont remplis de l’Esprit Saint et annoncent le message de Dieu, la bonne nouvelle de Jésus. Ils vont parcourir le monde.

Il y a, dans les récits évangéliques, d’autres actions de l’Esprit Saint sur Jésus et les personnes qu’il rencontre. Il y a surtout, au moment du don suprême la prière de Jésus, instante et douloureuse, dans le jardin des oliviers, …le silence de Dieu.

Il y a surtout, dans le supplice de la croix, le témoignage de Jésus qui n’a cessé de prier : prière pour le pardon aux bourreaux, cri vers le Père et enfin une prière d’abandon : « Père, en tes mains, je remets mon esprit. » et le Père est resté étrangement silencieux…

Silence de Dieu devant l’exécution d’un innocent… Silence aussi, dans bien des situations d’aujourd’hui, et dans l’histoire… Le ciel serait-il resté fermé ?

Lisons plus loin, dans cet évangile selon Saint Luc, au chapitre 23, au moment de la mort de Jésus : « c’était déjà presque midi, et il eut des ténèbres sur toute la terre, jusque vers trois heures, le soleil ayant disparu... » (23, 44). Oui, le ciel était bouché, fermé. Tout était dans les ténèbres. Mais c’est là, justement, que tout va enfin s’ouvrir.

L’évangéliste ajoute : « alors le voile du sanctuaire se déchira par le milieu. » Le sanctuaire du temple est ouvert. Nous avons libre accès auprès de Dieu ou, plutôt, la communication de l’Alliance est rétablie directement, pour tous.

Nous pensons à cette prière du livre d’Isaïe (64,1) : « Ah, si tu déchirais les cieux, si tu descendais... »

Dans ce symbolisme, nous pouvons comprendre que Jésus, dans son baptême au Jourdain, plongé dans notre humanité, est devenu l’un de nous et il est remonté vers le Père, nous entraînant avec lui…

Nous pouvons comprendre encore que, dans son vrai baptême du don total de sa vie, au moment de sa mort, il nous ouvre l’accès auprès du Père. Les cieux se déchirent. Nous alors voir, enfin…

Et même, puisqu’il fait corps avec notre humanité, Jésus est désormais présent à toute notre aventure humaine, comme à chacun, à chacune de nous, intérieurement et partout.

Prodige :  chacun, chacune, de nous, peut entendre, dans l’Esprit Saint, que le Père nous aime : nous sommes vraiment ses enfants.

Puissions-nous entendre, et comprendre, la voix du Père dans l’intime de notre liberté : « c’est toi mon enfant bien aimé. En toi, je trouve ma joie. »

Sans doute, nous fait-il continuer personnellement cet échange dans la prière, pour que l’Esprit Saint nous enseigne, nous éclaire, que la voix du Père nous rejoigne et nous recrée dans l’espérance.

Que Jésus se révèle à nous comme notre Sauveur !

Car il est descendu au plus profond de notre humanité dans le baptême au Jourdain, pour en remonter vers le Père et être envoyé.

Car il est descendu au plus profond de notre mort, et il est ressuscité. Il s’est relevé vivant. Il est revenu vers le Père. Il nous a envoyé son Esprit. Et maintenant, Jésus Sauveur, est manifesté pour nous, en ces temps…

Que nous soyons ses témoins pour participer au monde nouveau qui se prépare.

Donnons-lui le temps de nous rencontrer, de nous éclairer, de nous ouvrir à la véritable espérance.

 

Père Daniel Bertaud

Pour télécharger l'homélie, cliquez ici

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