Mais quels sont ces fruits ?

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Homélie du deuxième dimanche de l'Avent 2022

« Produisez donc un fruit digne de la conversion. »

« tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. »

Mais quels sont ces fruits ? De quels fruits s’agit-il ?

Regardons d’abord ce que sont nos propres critères ?

Les bons fruits d’une équipe de sport, les fruits attendus de leurs supporters, c’est le score, chaque point est un bon fruit. Tout le reste, même une main mal placée on finira par l’appeler « main de dieu »

Le fruit d’un vendeur de biens, c’est le bénéfice reçu de son travail, ça se compte à la fin de l’année ; et l’on peut multiplier les exemples à l’infini.

Mais s’agit-il de ces fruits-là ?

Le texte lu en première lecture, extrait du livre d’Isaïe, peut nous donner quelques indices. Entre parenthèse, parenthèse qui va être un peu longue) quand quelqu’un vous dit que le premier testament est violent, dites-lui qu’il a raison, du moins en partie. Il a raison car le premier testament c’est la découverte de la présence de Dieu dans la vie des hommes. Reconnaissons-le, ne le nions pas, la vie des hommes est violente. Dès le début. Même si nous sommes dans des récits à forte charge symbolique, les récits de fraternité sont violents. Caïn tua Abel ; Jacob trompa Isaü (Jacob, ça veut dire « le trompeur »). Les moyens de survie du peuple hébreux sont violents. Moïse tue l’Egyptien, David fait tuer Urias le hittite dont il avait séduit la femme, Esther et surtout Judith font appel à des moyens sournois et violents pour délivrer le peuple en se jouant des puissants après les avoir séduits et même réduits ; j’en passe, et des meilleures. Après avoir fait cette démonstration, plutôt facile, qui révèle plus la violence des hommes que celle de Dieu, faites lire le chapitre 11 du livre d’Isaïe et Fermez la parenthèse !:

Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, (n’hésitez pas à imaginer, à rêver, il y avait dans le journal Sud-ouest de ce dimanche 2 pages sur la vie des loups et des agneaux !) le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira.     La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage.     Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ;

Quand çà ? Où çà ?

En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : … C’est le début du chapitre 11.

Vers l’an 1000 - Là, on commence à être dans l’histoire de façon d’abord factuelle - le prophète Samuel qui avait fait un mauvais casting en appelant Saül comme premier roi d’Israël essaye de se rattraper en appelant David, 8° fils de Jessé, habitant de Bethléem. Si l’on considère la généalogie faite au premier chapitre de l’Évangile de Matthieu que l’on entend cette année, c’est par là que l’on passe pour arriver à Jésus :  Jessé engendra le roi David. David, de son union avec la femme d’Ourias (déjà cité plus haut), engendra Salomon, … et je vais de suite à la fin … un certain Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.

Et ce qui est annoncé dans le chapitre 11 d’Isaïe, ce monde d’harmonie parfaite est la caractéristique de ce qu’est le Messie, le Christ. C’est ce qu’annonce Jean le Baptiste. Nous l’entendrons dimanche prochain : les aveugles voient, les boiteux marchent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres.

Tout ça, c’est bien beau mais c’est du pipeau, car pour le moment je ne vois que guerre et vengeance, sang et larmes. Et comme je ne crois pas au père Noël … pourra dire votre interlocuteur qui pensait que le premier testament était plus violent que le second dont nous sommes en train d’écrire les actes, Luc n’ayant pas continué lui-même à le faire.

Car c’est ce monde que nous avons à construire. Et ce n’est pas un monde ancien à rétablir, nous ne retournerons pas au jardin d’Eden, car nous avons à bâtir la Jérusalem céleste. Nous portons le nom de Christ. Nous le portons ensemble. Chrétiens, on nous a ainsi surnommés au chapitre 11 des actes des apôtres, que Luc avait commencé à écrire. Ce surnom nous a été donné à Antioche de Pisidie. Chrétiens.

Et c’est pour cela qu’il nous faut porter un fruit de conversion. Ce n’est pas un fruit de perfection, il n’a pas fallu 2000 ans pour s’en apercevoir. Comme le 1° testament le second inscrit la trace de Dieu au cœur de la faiblesse des hommes. Mais au cœur de cette faiblesse il y a la puissance du ressuscité. Lui seul nous donne la force de construire en ce monde les signes du Royaume à venir. Il nous appelle à prendre en charge la vie de ce monde pour la tourner vers le Père : « Produisez donc un fruit digne de la conversion. » Nous avons donc à collaborer avec le Seigneur en accueillant sa grâce pour participer à l’acte créateur de Dieu, et nous en connaissons maintenant l’urgence, et pour participer aussi à l’acte de rédemption qui est celui du Christ, de la crèche au crucifiement comme nous le chantons parfois à Noël. C’est la prière même qui est faite lors de la célébration de la confirmation du baptême comme on le fera ici-même (Sainte Eulalie samedi 10 décembre à 18h30) samedi prochain pour les jeunes du lycée Saint Genès. Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines.  Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur  – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. C’est ce que nous demanderons en répondant Amen à cette prière du président de la célébration.

Ces fruits à porter sont des fruits de conversion. Il y a des choses que nous ne devrions pas faire non seulement parce que nous sommes des humains, mais encore plus parce que Dieu nous a confiés ce monde en nous faisant Chrétiens. Il y a des choses que nous devons faire pour les mêmes raisons. Chrétiens, du Christ, nous n’avons aucune excuse : Jean-Baptiste nous en a prévenus

Préparons-nous à la fête de la Nativité, aube du 8° Jour, Jour de Pâque commencé, prémices du dernier jour déjà commencé et encore à venir. Nous anticipons cette harmonie re construite dans la célébration Eucharistique, jusqu’à ce qu’il vienne.

Père Gérard Faure, curé

Pour télécharger l'homélie, cliquez ici

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