« Tous, nous avons eu part à sa plénitude. Nous avons reçu grâce après grâce... » (Jean1, 16)

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Homélie du jour de Noël 2022

« grâce après grâce... » : par Jésus, qui nous révélé qui est le Père, nous avons beaucoup reçu : d’abord Jésus lui-même. Il est l’expression même de Dieu. Il l’a dit : « qui me voit, voit le Père ». L’évangéliste Jean l’a écrit : Il est « le Verbe », c’est-à-dire la Parole. Et, en reprenant les mots de la lettre aux Hébreux nous retenons que « le Fils est le rayonnement de la gloire de Dieu, l’expression parfaite de son être. Il est le Fils qui porte l’univers par sa parole puissante... »

Il est la Parole, le Verbe, par qui, et avec qui, Dieu a tout créé.

Et ce début de l’évangile selon saint Jean, le prologue, fait allusion très clairement au premier livre de la Bible, la Genèse : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre… Dieu dit : que la lumière soit ! Et la lumière fut... »

C’est ce que le prologue de l’évangile reprend en l’appliquant à Jésus, le Verbe, le Verbe de Dieu, au commencement tourné vers lui. Et il est écrit : « Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui... »

creche.jpgNaissant de la Vierge Marie, Jésus, que nous fêtons en ce Noël, est bien Celui qui est venu du Père. Il était déjà annoncé par les prophètes, présenté par le témoignage de Jean Baptiste. Il est venu nous éclairer tous de la lumière, la vraie lumière de Dieu, la lumière de la vie.

Et ceux qui l’ont reçu, ceux qui l’accueillent avec un cœur ouvert et sincère, un cœur de pauvre, ceux-là reçoivent le plus beau don : pouvoir « devenir enfants de Dieu. »… en entrant dans une relation vitale avec Dieu lui-même, en recevant tout de sa vie ... Cette vie, communiquée par Dieu, nous rend pleinement humains et elle nous fait dépasser notre existence humaine : c’est l’entrée dans cet échange d’amour, inimaginable, en Dieu lui-même.

Nous l’avons entendu au début : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu » Dans le texte grec, on peut comprendre : « Le Verbe était tourné vers Dieu ». Cela laisse pressentir, pour nos esprits encore limités, qu’entre le Père et le Fils, il y a depuis toujours (éternellement) un échange…
Ainsi Dieu lui-même est une communion, un échange prodigieux. Dieu est parole, communication, échange, don mutuel.

Et c’est justement ce jaillissement de vie et d’amour, auquel, par grâce, nous pouvons désormais accéder : en effet, le Fils, par sa Mère, Marie, s’est incarné dans sa créature humaine, et il a vécu sur un mode humain cet échange prodigieux. Pour Jésus ce fut jusqu’au don de toute la vie, dans des conditions si douloureuses, dans un amour extrême.

Mais, désormais ressuscité, il nous accompagne tout au long de notre histoire, de notre parcours, parfois bien douloureux, où nous recevons pourtant des signes de son amour vivant. Oui, « tous, nous avons eu part à sa plénitude et nous avons reçu grâce après grâce. »

Comme il est bon, en cette fête de Noël, fête de la naissance du Fils de Dieu parmi nous, de nous rappeler de toutes les grâces que nous avons reçues. Devant la crèche, ou le Saint Sacrement, et dans nos mémoires, comme il est bon de reconnaître que nous sommes aimés.

En Jésus, l’amour de Dieu nous touche vraiment, jusqu’au plus profond de notre être. Le Père nous révèle, à tous et à chacun, dans l’intime de nos cœurs, qu’Il nous aime. « Nous avons reçu, grâce après grâce », et ce n’est pas seulement dans la passé. C’est maintenant, chaque jour.Un maître spirituel a pu laisser ce conseil : « Si tu remerciais Dieu pour toutes les joies qu’il te donne, il ne te resterait plus de temps pour te plaindre. »

L’Apôtre Paul avait écrit, en pensant à ceux qui estiment que tout vient d’eux-même : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Pourquoi te glorifier comme si tu ne l’avais pas reçu ? » Et encore : « l’Amour de Dieu nous saisit, quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous... »

Oui, nous avons reçu grâce après grâce.

Et alors, c’est la « gratitude » qui nous fait nous retourner vers Dieu, par Jésus, avec reconnaissance. Manquerions-nous de respect, serions-nous ingrats, envers Jésus, si aimant, si proche de nous, si présent à chacun et à chacune de nous ?

Si tu savais le don de Dieu… « Si tu remerciais Dieu pour toutes les joies qu’il te donne, il ne te resterait plus de temps pour te plaindre», même si tu avais de sérieuses raisons de souffrir…

Oublions-nous que ces dons, « grâce après grâce », signes vivants de l’amour de Dieu, nous font devenir « reconnaissants » envers tous ceux, qui, en ces temps d’épreuves, nous ont témoigné de l’amitié, et donné du réconfort. Et par rapport à Dieu ils nous disposent à l’« action de grâce », ils nous amènent à « rendre grâce »… et même davantage : à « louer » le Seigneur, dans la gratuité, pour ce qu’Il est…

Ce qu’Il est, et qui nous est encore invisible, se laisse deviner dans la création, et a été rendu visible en Jésus. Et, c’est en Lui, que nous sommes tournés vers le Père, avec un cœur confiant et ouvert.

Père Daniel Bertaud

Pour télécharger l'homélie, cliquez ici

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